Le multilinguisme a-t-il un avenir en Europe ?
Devant une audience d’une centaine de personnes composée essentiellement de responsables d’entreprise et d’élèves d’écoles de commerce, le colloque s’est tenu en plusieurs langues (espagnol, français, allemand, suédois et italien) avec l’usage de l’anglais uniquement confiné aux discussions avec le public.
Le multilinguisme, un atout pour le commerce
Les intervenants provenaient des milieux académique (Ingela Bel Habib, Herman Funk) et de l’entreprise (Jean-Claude Celle, ancien directeur de l’Oréal pour la Scandinavie, Anna De Geer, présidente de la chambre de commerce italo-suédoise et Maribel Álvarez, Directrice d’Alfombra Roja). Les présentations ont mis l’accent sur le fait que le multilinguisme multiplie les opportunités commerciales (contrats, exportations, clients).
La chercheure indépendante Ingela Bel Habib a montré le paradoxe de la situation suédoise : alors que la maîtrise des langues étrangères y est forte, les petites et moyennes entreprises négligent l’ouverture internationale et se cantonnent à l’anglais contrairement aux PME danoises, allemandes et françaises.
Maribel Álvarez a pour sa part insisté sur les défis interculturels posés lorsque des entreprises espagnoles et suédoises signent un contrat tandis qu’Anna De Geer a souligné l’importance des traductions fiables pour éviter les malentendus. Le professeur Hermann Funk (Université d’Iéna) a pour sa part rappelé la défense du multilinguisme au niveau des institutions européennes et mis en évidence le raisonnement faux consistant à privilégier l’anglais dans les relations commerciales. Les stratégies de développement à long terme des entreprises impliquent de repenser un multilinguisme efficace.
Parler la langue du consommateur
Jean-Claude Celle a décrit l’évolution des langues au sein de l’entreprise L’Oréal en Scandinavie et de tous les problèmes de traduction liés à l’étiquetage des produits. Si l’anglais a incontestablement progressé depuis les années 1980 au sein de L’Oréal, le français s’y est maintenu en raison de l’identité même de l’entreprise.
Tous les intervenants ont évoqué la nécessité de parler la langue du consommateur. La pénétration de nouveaux marchés n’est pas possible sans la prise en considération du contexte linguistique et culturel. Le coût de la maîtrise des langues étrangères (recrutement des personnes adéquates) est largement amorti par les nouvelles parts de marché acquises. Plus une entreprise possède un profil multilingue, plus elle accroît ses parts de marché et son rayonnement international.
La conférence a été intégrée à la programmation de l’association des instituts culturels européens (EUNIC).
Des prolongements sont attendus avec notamment des séminaires organisés en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie suédoise à l’automne. Les textes des intervenants seront prochainement disponibles en ligne.
Liens utiles :
Site de l’ambassade de France en Suède
Ambassade de France en Suède : la conférence










