À la rencontre du ministre finlandais des Affaires étrangères
Les élèves du cycle 3 de l’école française Jules Verne étaient fin prêts pour aller au rendez-vous de monsieur le ministre. Ils avaient préparé vingt-et-une questions, s’étaient organisés pour les poser chacun à leur tour et avaient passé du temps à comparer les institutions politiques françaises et finlandaises. Un vrai casse-tête pour comprendre le fonctionnement d’un ministère !
En quête du ministère
Lundi 28 novembre 2011, ce fut le top départ à 13h45 car le rendez-vous était fixé à 14h30 précises. Tous les élèves savaient que c’était un immense honneur d’être reçus par monsieur Erkki Tuomioja. Pour l’occasion, certains portaient leur plus belle chemise et leur plus belle cravate. Tout ce petit monde s’était mis sur son trente-et-un. Dans le tram 10, c’était l’effervescence et l’impatience. Pourra-t-il répondre à toutes nos questions ? Aura-t-il assez de temps à nous consacrer ? Les gardes de sécurité, vont-ils nous ouvrir les portes même si on a des objets métalliques dans nos poches ?
Changement de tram, direction Katajanoka, centre administratif des différents ministères finlandais. Pas facile de trouver la bonne allée. Heureusement que madame Grahn et madame Munoz, des mamans ravies de les accompagner, ont su se repérer avec la carte indiquant l’entrée principale du ministère.
Petit coucou à la caméra et deux portes s’ouvrirent. Un sas d’entrée pour la sécurité et voilà une secrétaire qui les attendait pour les accueillir. A droite, toutes les photos des ministres étaient accrochées. Nos journalistes ont bien reconnu monsieur Erkki Tuomioja. Mais ce qui les intriguait c’est qu’il y en avait un autre ministre qui s’appelait Tuomioja. Encore une question à poser pour éclaircir ce mystère !
Après avoir déposé leur manteau, ils étaient fin prêts en rang deux par deux. Madame Mouré leur avait demandé d’être respectueux et polis car des personnes travaillaient et qu’il ne fallait pas les déranger. Un petit détail les a amusés : une boîte à cirage de chaussures était installée près des vestiaires. Ils trouvaient très amusant de vouloir cirer ses chaussures pour travailler !
De surprise en surprise
Ils avaient tous leur badge de sécurité pour accéder au deuxième étage : le couloir était immense. Ils avaient l’habitude de grimper les trois étages de leur école. Mais là, c’était impressionnant. Pas un mot ! Tous les élèves étaient concentrés à regarder partout. L’un deux pensait qu’ils étaient dans le château des trois mousquetaires. Deux fauteuils de chevaliers aux emblèmes de la Finlande attendaient ces petits journalistes.
La secrétaire ouvrit la porte sécurisée du deuxième étage. Toujours en rang et impressionnés, les élèves furent surpris par le crépitement des flashs. C’était le photographe officiel du ministre qui voulait capturer ces instants magiques. Personne n’osait élever la voix. Le ministre nous attendait au bout de ce long couloir. L’excitation était palpable de part et d’autre. Monsieur Erkki Tuomioja attendait à la porte de son bureau pour leur souhaiter la bienvenue. Il serra la main à tous et les invita à s’installer dans son bureau. Toutes les chaises étaient installées autour d’une belle table marquetée. Les yeux de nos jeunes visiteurs ne savaient pas où regarder. Le lustre qui brillait de mille feux, les peintures et la drôle d’horloge indiquait qu’il était temps de poser les questions. Les élèves étaient bien préparés pour la rencontre. Les questions fusaient les unes après les autres.

- Le ministre se prête au jeu des questions-réponses dans son bureau.
Pourquoi êtes-vous un ministre et quel est votre travail ?
Le ministre a souligné l’importance de son travail. Il s’est adressé en français car il l’a appris au lycée en Finlande. Chaque semaine, il va au Parlement pour débattre des problèmes d’actualité. Il a des réunions tous les jours avec ses secrétaires et ses assistants. Il doit lire beaucoup pour être informé à chaque instant.
Combien de temps travaillez-vous ? Est-ce que votre travail est difficile ?
Le ministre des Affaires étrangères, qui avait reçu les questions à l’avance répondit avec beaucoup de joie. Car il disait qu’il travaillait tout le temps mais qu’il voulait être chez lui le week-end. Bien souvent ce n’est pas possible ! Il est le responsable de la politique étrangère de son pays. Il doit prendre position pour la Finlande sur des questions politiques. Son pays a de l’influence dans le monde. Il faut être capable d’aller à Bruxelles au Parlement de l’Union européenne puis de discuter à Bonn en Allemagne sur l’Afghanistan et les pays en guerre puis aller à Vilnius en Lituanie. Il faut lire, lire et encore lire les gros dossiers pour être prêt à négocier et à discuter.
Avec quels pays travaille-t-il le plus ?
Monsieur Erkki Tuomioja a de grandes relations avec la Suède et tous les pays nordiques. Il assiste au Conseil nordique. La Finlande est présente dans 27 pays. Il est en lien avec les 27 ambassades finlandaises. La semaine dernière, il était en Afrique du Nord et en Egypte. Il aime rencontrer les représentants des associations non gouvernementales pour faire connaissance et discuter librement. Il aime aborder les sujets sur l’égalité entre les hommes et les femmes.
Le ministre a insisté sur le fait qu’il représentait le gouvernement finlandais à travers le monde. Il est important d’essayer d’influencer les événements mondiaux et de s’efforcer de promouvoir l’égalité des chances et le développement de la démocratie. Parfois, le travail est difficile mais c’est toujours très intéressant. Il a également souligné l’importance des compétences linguistiques.

- À la rencontre du ministre finlandais des Affaires étrangères.
Comment fonctionne le ministère ?
Trois ministres l’aident dans cette tâche pour le commerce extérieur, pour la coopération et le développement.
Pourquoi avoir une télévision dans son bureau ?
Le ministre a avoué qu’il ne la regardait jamais dans son bureau.
Pourquoi avoir choisi ces peintures ? Pourquoi ne pas avoir choisi une peinture d’Akseli Gallen Kallela ?
Il aimait un portrait qui représentait un poète que sa grand-mère avait bien connu : Eino Leino. Cela lui rappelait son enfance. Il fut surpris par les connaissances artistiques des élèves. La maîtresse expliqua qu’ils avaient vu l’exposition au Tadeimuseo et qu’il était important de faire des liens artistiques et historiques entre les peintres finlandais et français.
Monsieur le ministre leur a dit qu’il avait des liens très privilégiés avec la France. Et c’est pour cela qu’il avait choisi notre école française car il aime notre pays et il aime parler français. Ils étaient les premiers élèves français à être reçus au ministère. Les élèves étaient intéressés par le fait que le ministre finlandais des Affaires étrangères discutait avec ses homologues français et que les relations entre les deux ministères étaient bonnes.
Sur ces paroles de gentillesse, les élèves avaient apporté deux cadeaux pour le ministre : un qu’il ouvrira sous le sapin (des truffes françaises chocolatées mais chut c’est un secret !) et l’autre qu’il ouvrit à la grande joie de tous. C’était une boîte à musique avec un mot de remerciement. Les enfants ont également fait un dessin qu’ils donnèrent avant de partir. Le ministre était touché par tant d’attention. C’est ainsi que se termina cette belle rencontre enrichissante. Monsieur le ministre raccompagna nos journalistes en herbe.
Mais c’était sans compter sur la perspicacité et la témérité de quelques-uns pour demander un autographe, souvenir inoubliable d’une rencontre d’exception !
Et pour finir cette belle après-midi, les élèves sont allés visiter la bibliothèque de 27 000 livres. Ils chuchotaient naturellement pour discuter. La bibliothécaire est venue voir la maîtresse pour lui dire que les enfants pouvaient discuter normalement. Puis vient le temps de descendre dans la salle de réception et un goûter de ministre les attendait : une brioche ( pas une pulla !) et des jus de fruits avec des serviettes rouges. Comme le temps passe vite ! C’est au pas de course qu’ils ont pris le tram 4 et l’arrivée à 16h 05 fut triomphale. Il fallait se dépêcher de rentrer pour raconter à la maison toute cette épopée moderne et vraie.
Un grand merci à Monsieur le ministre du temps qu’il a pris et du plaisir que les élèves ont eu de vivre cette belle leçon d’instruction civique ! Et savez-vous pourquoi il y avait deux mêmes noms de ministre ? Langue au chat ? Car le père de monsieur Erkki Tuomioja était lui aussi ministre des Affaires étrangères de la république de Finlande ! C’est un petit détective nommé Amir qui découvrit ce secret !
Rédacteur : Elisabeth Mouré, Directrice de l’école Jules Verne.
Lien utile :
Ambassade de France en Finlande








