Accompagnement psychosocial des personnes déplacées dans l'est du Tchad
Un programme d’appui à la stabilisation à l’est du pays
Au Tchad, l’AFD intervient dans l’accompagnement au retour des populations déplacées, à travers un programme d’appui à la stabilisation à l’est du pays.
Le programme doit permettre aux populations de disposer, dans leurs villages d’origine ou dans les zones de retour volontaires, de services de base tel que l’accès à l’eau potable, comparables à ceux auxquels elles ont eu accès dans les sites de déplacés, soutenus par l’action humanitaire. Il comprend également un volet de relance économique.

- La communauté femmes au Tchad.
Une composante "appui psychosocial" au volet Santé du programme
Dans le troisième volet du projet, consacré à la santé, notamment via la construction ou la réhabilitation de cinq centres de santé, l’AFD a intégré, pour la première fois, un volet d’appui psychosocial à ces personnes dites "retournées".
Des communautés qui ne communiquent plus entre elles
Après cinq mois, les actions conduites ont déjà permis d’obtenir des résultats positifs :
mieux-être des personnes prises en charge par les groupes d’entraide ;
complémentarité des actions psychosociales au volet santé primaire ;
participation des femmes à la gestion communautaire, etc.
Ces actions psychosociales ont, en outre, permis de réunir des communautés qui ne communiquaient plus entre elles depuis longtemps. Or, cette juxtaposition de communautés est l’un des problèmes majeurs qui entravent le développement du Tchad.
Éclairage et précisions par deux spécialistes AFD : Jeanne Milleliri, chargée de projet au Tchad, et Thierry Liscia, responsable du traitement psychososocial à la cellule "Prévention des crises et sorties de conflits" (extraits).
Ce programme de soutien psychosocial post-traumatisme est une nouveauté pour l’Agence française de Développement. Pourquoi une telle initiative ?
Jeanne Milleliri et Thierry Liscia : L’agence intervient dans plusieurs pays en situation de conflits et de crises : Haïti, Territoires palestiniens, Afghanistan, plusieurs pays africains… Dans ces contextes, il nous est apparu comme une évidence que l’impact sur le développement économique, social et humain de ces tragédies devait faire l’objet d’un traitement spécifique au plus proche de l’humain. Ainsi, le travail que nous effectuons dans plusieurs villages de la région de Goz Beida, au Tchad, est effectivement une première pour l’AFD.

- La communauté hommes au Tchad.
Sur quels aspects travaillez-vous en priorité ?
Le traumatisme provoqué par des conflits extrêmement violents conduit certaines personnes à développer des troubles anxieux ou de l’humeur, type dépression, à ne plus croire en l’avenir, à se replier sur elles et ainsi à se désocialiser, voire à être sujettes aux addictions à des substances psychoactives. Nous soutenons donc des initiatives qui vont ainsi s’attacher à recréer du lien entre les personnes et à apporter un "soutien social" aux personnes qui en auraient besoin.
A mi-parcours, quels sont les premiers résultats ?
Ils sont largement positifs au regard du peu de temps écoulé depuis la mise en place de ce programme et s’inscrivent en outre dans plusieurs registres :
le mieux-être des personnes prises en charge ;
la complémentarité des actions psychosociales avec les soins de santé primaire ;
la participation des femmes ;
l’interaction réciproque entre les bénéficiaires individuels et la communauté.
Quelles sont les perspectives d’avenir de cette initiative ?
Pour ce projet au Tchad, certains défis sont encore à relever pour cette première composante psychosociale dans un projet de l’AFD et notamment :
la complexité liée à l’étendue des zones couvertes ;
et la pérennité des mobilisateurs communautaires.
Au-delà, il faut continuer à convaincre de la nécessité d’intégrer cette dimension dans les projets concernés. Cependant, grâce à l’appui de nombreux collègues qui soutiennent cette initiative, d’autres composantes psychosociales sont en train de naître au sein de projets liés aux différents métiers de l’AFD, de la santé au réaménagement urbain, en passant par l’éducation ou la micro-finance.
Photos : AFD/Thierry Liscia, chef de projet.
Lien utile :
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