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Alain Timar met en scène "Le Roi se meurt" à Singapour

Singapour | Singapour - du 1er janvier 2012 au 28 janvier 2012
La pièce d’Eugène Ionesco "Le roi se meurt" a été mise en scène à Singapour par le metteur en scène et fondateur du théâtre d’Avignon, Alain Timar, dans le cadre d’une résidence au Lasalle College of the Arts au mois de janvier 2012.

Première collaboration

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Alain Timar en répétition avec les étudiants du Lasalle College of the Arts.

Ce travail réalisé avec les étudiants en 3ème année de théâtre du Lasalle College of the Arts est le fruit d’une résidence d’un mois co-organisée par l’école d’Art et l’Institut français de Singapour. L’anglais étant la langue de travail à Singapour, la pièce a été montée dans sa version anglophone, "Exit the King". C’était la première fois qu’un metteur en scène français travaillait avec Lasalle.

Une pièce vivante qui interroge le monde

Alain Timar commente ainsi son expérience : « Le premier objectif de ma venue à Singapour était de mettre en scène "Le Roi se meurt" de Eugène Ionesco dans des conditions de production que je voulais professionnelle. Quand je dis "professionnelle", j’insiste sur le fait de travailler avec la rigueur et l’intensité qu’exigent un tel engagement. C’est cette exigence que j’ai voulu mettre en place dès le premier jour avec les étudiants que je considérai donc comme des comédiens à part entière… Je dois dire que l’accueil au "Lasalle College for the Arts" a été particulièrement chaleureux, réceptif et efficace.

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Le travail de nos comédiens commençait donc dès le matin par un entraînement physique et vocal. Au même titre qu’un danseur ou un chanteur, le corps et la voix du comédien doivent être développés par des exercices quotidiens appropriés. Ces exercices ne visant pas à former des super-champions ou des athlètes hors normes, mais à développer la sensibilité et la personnalité de chacun. C’est à cette tâche que je me suis astreint. Quant on cherche à développer les personnalités, on approche et on côtoie forcément les identités de chacun et la culture qui l’enveloppe ou la contient. Évidemment, en travaillant ici, mon devoir était de comprendre cette autre culture (disons ces autres cultures puisqu’à Singapour, il y en a plusieurs qui coexistent).

Comprendre pour mieux dialoguer et dialoguer pour mieux comprendre. Comprendre pour échanger et échanger plutôt qu’imposer. Je pense en effet qu’on s’enrichit beaucoup plus des différences que des ressemblances. Ainsi jour après jour, nous apprenions à mieux nous connaître. Rappelez-vous la célèbre devise de Socrate "Connais-toi toi même". Mais cette progression, elle s’est faite disons, en miroir, à travers l’autre. Elle n’a été rendue possible qu’à cette condition : apprendre à se connaître par l’autre. Incroyable paradoxe, n’est-ce-pas ! Les répétitions de la pièce de Ionesco ont suivi cette voie pour aboutir à la création d’une pièce vivante, actuelle, à l’image de l’équipe qui la composait. Oui, je crois que le public, où qu’il soit, a envie d’un théâtre vivant, d’un théâtre qui s’interroge et interroge le monde, qui soit ouvert aussi et qui ne perd pas sa part d’utopie artistique. Il ne faut pas craindre le dialogue entre l’art et la société. Ce dialogue passe nécessairement par un questionnement sur la culture, la politique de la cité. J’ai aimé ce contact avec des comédiens et une équipe curieux de découverte et de création contemporaine. La parole, l’échange se sont avérés possibles et fructueux. »

Edith Podesta, responsable du département "Acting" du Lasalle College of the Arts, conclut ainsi : « Nous sommes très heureux de démarrer notre nouvelle collaboration avec l’Institut français de Singapour avec l’un des plus illustres metteurs en scène français. Ayant été moi-même à Avignon, je peux témoigner de la force et de la vitalité de sa compagnie. C’est une belle occasion pour nos étudiants en théâtre de partager avec lui la production du "Roi se meurt". »

Le montage final de la pièce, présenté le 28 janvier 2012 a été très bien reçu par le public et les professionnels du théâtre invités pour l’occasion.

Le Lycée français de Singapour a par ailleurs profité de la présence du metteur en scène pour que ce dernier présente l’œuvre de Ionesco aux élèves.

Article publié le : 30/01/2012

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