Atelier régional « Médias et bonne gouvernance » en Asie centrale

- Philippe Rochot.
Cet ancien correspondant de France 2 au Moyen Orient et en Asie s’est rendu dans la région du 31 octobre au 11 novembre 2011 pour animer deux formations de journalistes à Almaty (Kazakhstan) et Douchambé (Tadjikistan).
Ces ateliers « Médias et bonne gouvernance » étaient organisés par CFI en partenariat avec l’AIBD (Asia Pacific Institute for Broadcasting and Development) et le Programme international pour le Développement de la Communication (PIDC) de l’UNESCO.
Trois questions à Philippe Rochot, journaliste, expert de CFI
Pour quelles raisons avez-vous accepté cette première mission pour CFI ?
Philippe Rochot : J’aime bien restituer aux autres ce que j’ai appris dans mon métier. C’est toujours intéressant de rencontrer des confrères dans d’autres pays du monde pour voir comment ils réagissent face à l’événement. Je me suis rendu compte que nous choisissons les mêmes thématiques, même si nous les traitons de manière très différente. Et puis, je suis aussi très attiré par l’Asie et le Moyen-Orient. Je n’étais encore jamais allé au Tadjikistan, mais c’est un pays frontalier de l’Afghanistan que je connais bien.
Comment avez-vous abordé le thème « Médias et bonne gouvernance » à travers cette formation ?
Dès le début, j’ai expliqué aux journalistes la notion de bonne gouvernance en la situant dans l’intérêt général et les progrès de la société. En tant que journaliste français, je leur ai expliqué comment fonctionnent les médias dans notre pays, celui des Droits de l’Homme, même s’il y a parfois quelques dérives. Je me suis appuyé sur des exemples concrets, des reportages d’investigation. Tous ont paru apprécier cette forme de journalisme et être prêts à s’y engager. Ils n’ont pas eu de difficultés à trouver des sujets sur ce thème, comme le travail des enfants au marché, les réfugiés afghans ou la drogue chez les jeunes.
A chaque débat que j’ai organisé, à chaque problème posé touchant à la liberté des médias ou à la transparence de l’information, ils avaient toujours beaucoup de questions à poser, faisant preuve d’une grande curiosité.

- Les journalistes de la formation d’Almaty.
Quelles différences dans la manière de traiter l’information dans ces pays ?
Au Kazakhstan et au Tadjikistan, la conception du travail de la presse reste très officielle et calquée sur les directives du gouvernement. Cela ne pose pas de problème déontologique aux journalistes de se faire rémunérer pour tourner un sujet sur une entreprise car ils n’ont pas beaucoup d’argent pour financer leurs reportages. Mais cela compromet aussi leur indépendance.
Pour eux, la liberté de la presse est liée à des questions financières et il leur reste encore à trouver un juste équilibre. Leur approche d’un événement est très différente car ils vont beaucoup dans le sens du pouvoir. Au Kazakhstan, la télévision nationale est une télévision d’Etat, qui appartenait il y a quelques années encore à la fille du président Nazarbaiev et le journal télévisé ouvre toujours sur les activités du chef de l’Etat !
Malgré tout, les journalistes se sont montrés très intéressés par notre manière d’appréhender l’information et souhaitaient mieux cerner la relation entre médias et bonne gouvernance. Tout au long de cette formation, j’ai trouvé chez eux un réel désir d’apprendre et d’évoluer.
Également sur le site LatitudeFrance :
L’actualité de CFI dans le réseau
Lien utile :
CFI








