Journées franco-roumaines de l'audiovisuel et du cinéma

- Henri Paul, ambassadeur de France en Roumanie, Alain Mear et Matthieu Gallet.
Placé sous le thème du passage au numérique et présidé par l’ambassadeur pour l’audiovisuel extérieur et président du Groupement d’Intérêt Public (GIP) France Télé Numérique, Louis De Broissa, cet événement initié et organisé par l’ambassade de France en Roumanie depuis quatre ans, s’insère plus profondément chaque année dans l’actualité et le paysage audiovisuel des deux pays.
Les enjeux audiovisuels
Les débats consacrés aux enjeux technologiques et créatifs, et à l’émergence de nouvelles chaînes et de nouveaux formats, ont permis de constater que la Roumanie, et notamment sa télévision publique, n’avait pas pleinement saisi la transformation à venir en terme de contenu et de diffusion de chaînes gratuites. Sur le plan politique, le passage à la TNT pourrait également être l’occasion de « remettre à plat » le paysage audiovisuel roumain tel qu’il s’est constitué après 1990 autour de groupes de médias transversaux (TV, radio, presse) parfois très engagés dans la défense d’intérêt privés, et loin de l’impartialité qu’attend une démocratie européenne.
Si la répartition des missions entre l’ensemble des partenaires en charge de la transition numérique (avec le ministère roumain des Communications et de la Société de l’Information en charge de la stratégie, le Conseil national de l’Audiovisuel (CNA) en charge du contenu, et l’ANCOM des compétences techniques) semble clair, la constitution d’une entité de coordination est loin d’être acquise. La forte pénétration du câble en Roumanie (5,73 millions d’abonnés au câble pour 7,6 millions de foyers TV – plus de 75%) permettra sans doute une migration hertzienne vers le numérique moins « risquée » pour le téléspectateur.
Néanmoins, compte-tenu du relief du pays, seule une combinaison des infrastructures de télécommunications (hertzien numérique, DTH) permettra de résorber durablement la fracture numérique et de combler par diffusion satellitaire les « zones d’ombre » des réseaux terrestres pour un coût potentiellement nul.
La fin de l’analogique en Roumanie après le 17 juin 2015 conduit l’autorité des télécommunications, l’Autorité nationale pour l’Administration et la Réglementation des Communications (ANCOM), à resserrer la coopération entre les pays de la région en matière de gestion du spectre, en créant un groupe de travail commun (CEE Regional Working Group), compte tenu notamment des similarités entre la Turquie, la Moldavie, l’Albanie, la Macédoine, la Serbie, le Monténégro, la Bosnie, la Croatie, la Hongrie et la Slovénie.
Les enjeux dans le cinéma
La redéfinition des métiers du cinéma est un processus qui ne fait que démarrer en Roumanie, et le besoin de partager l’expérience française est déjà bien avancé. Avec l’avènement du numérique, la formation professionnelle doit s’adapter aux demandes du marché, à l’image de l’Institut national de l’Audiovisuel (INA). Les partenaires roumains sont très intéressés par les adaptations effectuées par les instituts de formations français face au défi du numérique.
Ils sont également très satisfaits de la poursuite des co-productions depuis la signature en 2009 du nouvel accord de co-production cinématographique. Désormais, celles-ci, au nombre de trente-et-un depuis les quinze dernières années, sont de plus en plus majoritairement roumaines. La Roumanie est en bonne position si l’on exclut les pays de langue officielle française.
Opportunités françaises
La France offre en effet une opportunité considérable pour la Roumanie, non seulement pour le financement (qui devrait s’amplifier avec la mise en place en 2012 de la nouvelle aide aux cinémas du monde), mais pour la diffusion de films en France même, mais également partout dans le monde (70% des droits monde sont possédés par des entreprises françaises).
Au cours des quinze dernières années, il y a eu trente-et-une co-productions franco-roumaines, soit deux par an, justifiée notamment par la relation très privilégiée entre la France et la Roumanie (et la francophonie), mais aussi par la qualité des projets. L’accord de co-production de 2009, qui a remplacé celui de 1966, apporte une souplesse puisque les parts de coproducteurs peuvent varier entre 20 et 80%. Cet accord est la traduction d’une nouvelle maturité dans les relations bilatérales de co-production franco-roumaines.
En termes de diffusion, au-delà des grands festivals, les salles françaises donnent une chance aux films roumains. A titre d’exemple, le film de Radu Mihaleanu, Le Concert, a enregistré près de cent fois plus d’entrées en France que dans son pays d’origine.
Ceci est dû au fait que si le parc de salles roumain croît fortement et s’accompagne d’une vraie progression de la fréquentation, elle demeure l’une des plus faibles d’Europe (6,5 millions de spectateurs pour 22 millions d’habitants en 2010). Or, nous assistons à une uniformisation du parc de salles, qui favorise la diffusion des productions américaines, au détriment du cinéma roumain, européen et indépendant.
L’internet, très bien développé en Roumanie, avec une rapidité de bande supérieure à la France, présente des opportunités importantes en matière de diffusion du cinéma, en dépit des obstacles existant (fragmentation des marchés, piraterie…). Des exemples tant français que roumains ont été présentés (IFcinéma pour l’Institut français, le festival de films en ligne d’Unifrance).
En marge des sessions de travail la délégation française a pu rencontrer le Conseil national de l’Audiovisuel, la Télévision publique et le ministère roumain des affaires étrangères.
Les participants

- 4e Journées franco-roumaines de l’audiovisuel et du cinéma.
Du côté français, avaient notamment accepté l’invitation Alain Mear, membre du collège du CSA, Arnaud Lucaussy, directeur de la Réglementation et des Affaires Publiques de TéléDiffusion de France, Matthieu Gallet, président de l’INA, et Frédéric Beyreziat, directeur des Affaires européennes et internationales du CNC. Ouvertes par le Secrétaire général adjoint du ministère roumain des Télécommunications et de la Société de l’information, ces rencontres ont été closes par le ministre roumain de la culture et du patrimoine national, Hunor Kelemen, qui a souligné la vitesse de la révolution numérique.
Étaient également présents pour ces débats Yohann Leroy, directeur de la stratégie d’Eutelsat, Frank Melloul, directeur de la Stratégie, du Développement et des Affaires publiques à l’Audiovisuel extérieur de la France, Arnaud Rivalan, directeur juridique de TV5 Monde, Christophe Winckel, directeur de Mezzo, Antoine Bagnaninchi, agent local de TV5 Monde, Mathieu Béjot, délégué général de TV France International, Marc Lacan, directeur général de Pathé, Pierre Triapkine, directeur-adjoint du département Cinéma à l’Institut français, Claude-Eric Poiroux, directeur général d’Europa Cinémas, Jean-Christophe Fleury, sous-directeur de l’Audiovisuel extérieur et des Technologies de l’Information au ministère des Affaires étrangères et européennes, Jean-François Fallacher, directeur général d’Orange Romania, Alexandre Tchernookov, coordinateur pour l’Europe centrale et l’Europe de l’Est à Europa Cinemas, Mathieu Fournet, responsable des Relations internationales de l’INA.
Côté roumain, étaient représentés Nicolae Oaca, conseiller du président de l’Autorité nationale pour l’Administration et la Réglementation des Communications (ANCOM), Cristian Ivanciovici, chef de la Division Inspection et Passage au Numérique au Conseil national de l’Audiovisuel (CNA), Horia Cazan, directeur technique et administratif, vice-président de la Télévision publique roumaine (TVR), Mihai Constantin, président de l’Association roumaine pour les Communications Digitales, Delia Mucica, professeur à l’université nationale des Arts du Théâtre et du Cinéma, George Chirita, directeur exécutif de l’Association Roumaine des Communications Audiovisuelles, Cristinel Corobana, conseiller du Président de la Télévision Publique Roumaine, Luca Niculescu, rédacteur en chef à RFI Romania, Luminia Boerescu, directrice des acquisitions de la Télévision Publique Roumaine, Alexandru Solomon, réalisateur et directeur de Hi Film, Florin Tolas, professeur à l’université MEDIA, Tudor Giurgiu, président du Festival international du Film de Transylvanie, Daniel Mitulescu, directeur de Strada Film, Alina Salcudeanu, responsable des Affaires internationales au Centre national de la Cinématographie, Anca Puiu, productrice à Mandragora, Monica Batir, Chef du bureau marketing-publicité de la Régie Autonome pour la Diffusion et l’Exploitation des Films, Daniela BACANU, Programmatrice au Noul Cinematograf al Regizorului Roman, Valentina Miu, Directrice du MEDIA Desk Romania, Dan Bulucea, Directeur de Google Romania, Mihaela Marin-Adrea, directrice des Relations publiques du site Cinémagia.









