Brazzaville investie par le festival "Mantsina sur scène"

- "Le Socle des vertiges".
Plusieurs compagnies de la sous-région avaient répondu à l’invitation des organisateurs, parmi lesquelles un collectif de cinq dramaturges venus de Ouagadougou, plusieurs artistes du Cameroun et de RDC, et la quasi-totalité des acteurs de la scène culturelle brazzavilloise. Environ quatre-vingt spectacles, lectures, animations poétiques ou musicales étaient programmés en divers endroits de la ville.
Artiste pionnier
Les Brazzavillois ont ainsi pu découvrir, à l’Institut français du Congo (IFC), le spectacle de Dieudonné Niangouna Le Socle des vertiges, très récemment créé en octobre, lors du Festival international des Francophonies en Limousin, à Limoges, en coproduction avec la Grande Halle de la Villette et le Théâtre des Amandiers, à Nanterre, où il a été repris en novembre et décembre 2011. Premier Africain à bénéficier de ce statut, Dieudonné Niangouna est également invité à participer en tant qu’artiste associé à l’édition 2013 du festival d’Avignon, en collaboration avec le metteur en scène et acteur français Stanislas Nordey.
Le socle des vertige par epikepoc
Le Socle des vertiges, Dieudonné Niangouna.
Un théâtre cathartique
Artiste « habité », Dieudonné a insufflé à la programmation du festival l’énergie et la fièvre créatrice qui habitent son propre théâtre. Son écriture est en effet constamment traversée par le souvenir des violences qui ont déchiré le Congo entre 1997 et 2001. Dans la mouvance du grand Sony Tabou Lansi, elle est marquée par un langage « explosif et dévastateur », que Dieudonné qualifie lui-même de « châtié, charcuté, ordurier et (où) rien de la bonne morale n’est mis sur la palette ».

- "Le Socle des vertiges", mis en scène par Dieudonné Niangouna.
Aussi nombre des pièces mises au programme du festival interrogeaient-elles, de façon plus ou moins frontale, la dimension de violence et de cruauté inhérente à l’être humain, en particulier dans les sociétés taraudées par le souvenir traumatique de la colonisation et les affrontements ethniques.
Egalement sur le thème de la guerre et de l’affrontement (« une possibilité (parmi d’autres) de se connaître »), le danseur, chorégraphe, et figure majeure de la danse contemporaine au Congo, DeLaVallet Bidiefeono, a entre autres présenté le spectacle Trente-trois tours, créé et interprété en duo avec l’auteur et musicien David Lescot dans le cadre du festival d’Avignon 2011.
Trente-trois tours, DeLaVallet Bidiefeono et David Lescot.
Ateliers de formation
Au-delà du bouillonnement créatif ressenti au cours du festival, Dieudonné Niangouna a réuni artistes et festivaliers autour du thème "Urgence Brazzaville" :
quelles productions pour quels publics ? ;
ceux d’Afrique ne sont-ils pas à (re)conquérir, là où ils se trouvent c’est-à-dire "dans les quartiers" ?
C’est, entre autres, autour de ces questions que les auteurs, comédiens et metteurs en scène, ainsi que plusieurs directeurs de scènes venus de France, ont eu de nombreuses occasions d’échanger, que ce soit lors des ateliers de formation à la scénographie ou au travail d’acteur, ou à l’occasion d’une rencontre-débat.








