CFI : Un nouvel axe de coopération avec les TV d'Europe centrale, orientale et d'Asie
Durant deux jours, l’équipe de CFI a présenté ses nouveaux axes de coopération aux télévisions partenaires venues d’Albanie, d’Arménie, d’Azerbaïdjan, de Bosnie, de Croatie, de Géorgie, du Kosovo, de Macédoine, du Monténégro, de Serbie, d’Ukraine et du Vietnam.
L’objectif de cette nouvelle stratégie est d’accompagner progressivement ces télévisions vers l’autonomie, notamment en les aidant à développer des contacts directs avec les distributeurs français de programmes. Tout en leur offrant, dans un premier temps, un accompagnement financier pour l’acquisition de programmes, ainsi qu’un encadrement adapté et personnalisé (conseils sur les grilles et choix de programmes) sur le terrain.
Trois questions à Eric Soulier, directeur Méditerranée - Asie à CFI.
Pourquoi ce changement stratégique ?

- Eric Soulier.
Suite à la nouvelle organisation mise en place à CFI en mars 2009, j’ai souhaité lancer un audit auprès des partenaires de Méditerranée-Asie. Depuis plusieurs mois, CFI a donc mené plusieurs missions en Europe centrale et orientale et a commandité une étude réalisée avec la société Basic Lead, portant sur 55 télévisions dans 22 pays. Les conclusions de ce travail de fond ont dégagé trois tendances : une ouverture à l’économie de marché et la multiplication des chaînes commerciales, une augmentation des achats de programmes internationaux ainsi que la présence d’acheteurs de ces pays dans des marchés de programmes, et enfin l’émergence des nouveaux médias numériques.
Comment va s’organiser l’action de CFI dans cette région ?
Dans le contexte de la crise qui touche la plupart de ces pays depuis fin 2008, CFI accentuera ses efforts en matière de transfert d’expertise et de savoir-faire, afin de répondre aux priorités exprimées par ces télévisions. Avec un effort accru d’encadrement (audits, conseil, formation) et un dispositif d’incitation à l’achat de programmes français qui sera complété par une invitation sur des marchés ciblés (les Rendez-vous de TVFI, Sunny Side, FIPA, Festival Unifrance, MIFA, Discop).
Quels types de missions allez-vous mener auprès de ces télévisions ?
Les télévisions partenaires ont toutes souligné pendant notre séminaire l’enjeu financier et économique que représente le passage de l’analogique au numérique, et la nécessité de former des équipes capables de gérer cette mutation technologique.
Parmi la palette de services proposée par CFI, différentes pistes de coopération ont été évoquées : le soutien à la production locale, la formation des cadres dirigeants, la professionnalisation des rédactions, le renforcement de la programmation ou la maîtrise des nouvelles technologies et des nouveaux médias.
Trois questions à Mathieu Béjot, délégué général de TV France International
Comment allez-vous appuyer les distributeurs français pour la commercialisation de programmes dans la région ?

- Mathieu Béjot.
Notre rôle va être essentiellement celui d’un « facilitateur ». La plupart de ces chaînes étaient uniquement en contact avec CFI pour l’acquisition de programmes français. Elles n’ont donc pas l’habitude d’aller voir en direct des producteurs et des distributeurs en France. Nous allons essayer de leur faciliter le travail, de leur montrer que l’offre française est accessible, qu’il existe des distributeurs ayant des catalogues généralistes, qui ont l’habitude de travailler sur des volumes importants et qui possèdent une panoplie de programmes leur permettant de répondre à des besoins assez diversifiés.
Cette collaboration va se concrétiser notamment par l’invitation des télévisions aux Rendez-vous de TV France international (TVFI) ?
Oui, nous allons les inviter aux Rendez-vous de TVFI, mais avec un accompagnement spécifique. Le but est de les guider, de les aider à établir des contacts et ainsi d’enclencher un début de relation commerciale entre acheteurs et distributeurs.
Comment, selon vous, ce changement de coopération entre CFI et ses télévisions va-t-il influencer l’exportation de programmes français dans cette région ?
Il est encore un peu tôt pour voir des tendances se dessiner. Dans un premier temps, on peut imaginer qu’il y ait un petit recul des exportations. Tout l’enjeu est d’assurer une bonne transition, pour que, petit à petit, les télévisions intègrent l’achat de programmes dans leurs chaînes et développent des relations commerciales avec les distributeurs.
Deux témoignages des télévisions partenaires de CFI :
Marija Bahri, conseillère auprès du Directeur général de la SBC (Serbian Broadcasting Corporation) :

- Marija Bahri.
« Au cours de ces deux jours de séminaire, tous les échanges nous ont été extrêmement utiles puisqu’ils nous ont éclairés sur les différentes ressources mises à notre disposition par CFI, notamment en matière de formation. Nous avons constaté que sa palette d’offres correspond tout à fait à nos besoins actuels. Le savoir-faire et la formation sont particulièrement prépondérants, étant donné toute la difficulté que représente la transmission des compétences pour notre télévision.
Le marché sur lequel nous évoluons est certes restreint, mais il n’en demeure pas moins compétitif. La formation au management est importante pour nous et le passage du digital au numérique est également une de nos priorités. »
Maya Bichikashvili, Directrice générale adjointe de la Télévision publique géorgienne (Georgian Public Broadcaster) :

- Maya Bichikashvili.
« La Télévision publique géorgienne est forte de plusieurs années d’une coopération fructueuse avec CFI. Je constate avec plaisir que CFI continue sur cette voie et facilite la mise en place d’un réseau entre les différentes télévisions qui ont réellement besoin d’expertise et de conseils.
Comme je l’ai appris auprès des responsables des télévisions au cours de ces deux jours, les problèmes auxquels ils sont confrontés sont tous similaires. Ils concernent notamment l’adaptation aux nouveaux standards rendue nécessaire par la disparition annoncée de la télévision analogique. De nombreux pays ont fixé des dates butoir, à l’instar de la Géorgie qui doit passer à une émission numérique dès 2015 et c’est un processus complexe qui a des implications non seulement sur le plan technologique et financier, mais aussi sur le plan législatif et social. Voilà pourquoi nous aurons besoin d’être assistés par CFI pour amorcer ce processus.
L’un de nos objectifs est également de proposer des programmes fournis par des distributeurs français permettant de promouvoir la culture française. Le contact direct que nous allons établir avec ces distributeurs sera avantageux et bénéfique, tout comme les ressources mises à notre disposition par CFI. Cela nous permettra d’étendre nos possibilités en matière de choix de contenus et ainsi de mieux répondre aux attentes de nos téléspectateurs. »
Site de CFI :
www.cfi.fr
A propos de CFI :
Canal France International (CFI) est, depuis 20 ans, l’opérateur de la coopération médias française à destination des pays d’Afrique, de la Méditerranée, des Balkans, du Caucase et de l’Asie. CFI, filiale du groupe France Télévisions, est subventionné par le ministère français des Affaires étrangères et européennes pour animer un réseau de partenaires du secteur des médias.








