Conférence : "Rapports de force locaux, impacts mondiaux"
Appel à contribution : du 6 janvier 2012 au 31 janvier 2012 -
Conférence : du 14 juin 2012 au 15 juin 2012
Un problème, plusieurs thèmes
Qu’il s’agisse du changement climatique, des maladies transmissibles, des crises financières ou de la protection de la biodiversité, l’analyse de problèmes mondiaux essentiels souffre de barrières disciplinaires profondément enracinées. Dans leur examen de la gouvernance mondiale, par exemple, les spécialistes des relations internationales se concentrent encore largement sur les grandes institutions, les grands sommets et les grands accords. Ils offrent un regard « macro » mais accordent une attention limitée aux acteurs et dynamiques domestiques, à moins que ces derniers n’affectent directement les négociations internationales.
A l’inverse, les chercheurs en sciences sociales familiers d’autres paradigmes disciplinaires analysent souvent en détail la manière dont des groupes d’intérêt et des jeux de pouvoir locaux influent in situ sur des enjeux mondiaux, via la mise en œuvre de politiques nationales et de programmes de coopération. Pourtant, rares sont ceux qui utilisent ces données locales détaillées pour enrichir la réflexion sur la gouvernance mondiale et les formes souhaitables de coopération internationale.
Un territoire sous-exploré
L’analyse des impacts mondiaux des rapports de force locaux demeure ainsi un continent largement inexploré. Cette question n’est pas encore identifiée comme un domaine de recherche à part entière, bien qu’elle puisse engager une communauté de recherche large et multidisciplinaire. La recherche en sociologie, économie, politique, anthropologie. sur les interactions entre les échelles locale et mondiale ne bénéficie pas encore d’une analyse systématique, d’outils conceptuels partagés et de débats organisés - en particulier parmi les décideurs politiques qui se sentent probablement contraints par le principe de souveraineté nationale.
Pourtant, une recherche complète et multidisciplinaire pourrait aider à imaginer des mécanismes de gouvernance mondiale qui viendraient compléter, plutôt que défier, la souveraineté nationale. Voilà qui plaide pour un renouveau de l’analyse sur les interactions entre acteurs socio-économiques et politiques à différentes échelles - et notamment sur la manière dont des jeux politiques domestiques sont redéfinis par des contraintes et des acteurs internationaux. Le Pr. Arjun Appadurai introduira la conférence. Actuellement professeur de culture et communication à l’Université de New York (NYU), il est reconnu comme l’un des théoriciens importants sur le thème de la globalisation.
Votre contribution
Cet appel à contribution vise à obtenir des articles examinant les relations de pouvoir domestiques, la façon dont les jeux d’intérêts locaux génèrent des impacts internationaux, les canaux et mécanismes utilisés, la manière dont la politique locale est redéfinie par des réseaux et des discours mondiaux. Les contributions s’interrogeront sur l’adaptation (ou le manque d’adaptation) des formes actuelles de la coopération internationale et des régimes de gouvernance mondiale à ces défis.
Les sujets de recherche possibles peuvent inclure, mais ne sont pas limités à, l’épistémologie de l’analyse multi-échelle, le changement climatique, la protection de l’environnement, la santé internationale, la sécurité alimentaire, les crises financières, la sécurité internationale, la violence sociale dans les États fragiles, le commerce international de stupéfiants, le trafic d’êtres humains, le terrorisme et le blanchiment d’argent.
Les contributions de toutes les disciplines des sciences sociales sont bienvenues - y compris l’économie, l’anthropologie, les sciences politiques, la géographie, la philosophie et la sociologie - tant qu’elles s’efforcent d’analyser l’interaction entre des groupes d’intérêts locaux et des enjeux mondiaux.
Les propositions de contributions à la conférence doivent être envoyées, en anglais, avec un bref CV, avant le 31 janvier 2012 aux trois personnes contact, dont les adresses électroniques sont fournies ci-dessous.
Les propositions doivent prendre la forme de résumés étendus intégrant une description du thème choisi, et indiquer clairement la question de recherche, la méthodologie et les données utilisées, les principaux résultats obtenus, les recommandations normatives éventuelles ainsi qu’une brève bibliographie indiquant des travaux empirique ou théorique de référence. La notification de participation à la conférence sera communiquée avant le 1er mars 2012.
Les articles finalisés, d’une longueur comprise entre 8 000 et 12 000 mots, devront être transmis le 1er mai 2012 au plus tard, afin de permettre leur circulation auprès des participants. Le respect de cette consigne est indispensable pour favoriser la réussite de cette conférence hautement interactive.
Les articles présentés à la conférence seront soumis à examen en vue d’une publication dans un ouvrage édité par l’AFD et l’Université de Chicago.
Informations importantes
Le déplacement, l’hébergement et les dépenses journalières (sur base forfaitaire de deux nuits) seront remboursés.
Personnes à contacter :
Pr. Alan Kolata (University of Chicago)
Dr. Virginie Diaz Pedregal (AFD)
Dr. Olivier Charnoz (AFD)
L’Université de Chicago est une université de recherche qui comprend plus de 2000 professeurs travaillant à temps plein dans les sciences physiques, biologiques et sociales, les sciences humaines ainsi que dans un ensemble d’écoles professionnelles - notamment dans la médecine, le droit et les affaires. Parmi ses distinctions éducatives et de recherche, l’Université compte dans son histoire 87 lauréats du Prix Nobel, dont 8 membres du corps professoral actuel.
L’Agence française de Développement (AFD) est l’agence de coopération internationale de la France. En tant que banque bilatérale de développement, elle est active dans plus de 70 pays. Elle a apporté en 2010 près de 7 milliards d’euros à ses partenaires - via des outils financiers divers et dans tous les secteurs économiques et sociaux. Son Département de Recherche produit et publie des études, organise séminaires et conférences, et participe activement à de nombreux réseaux internationaux. L’un des ses programmes de recherche (conduit par Olivier Charnoz) porte sur les impacts mondiaux de jeux de pouvoir locaux.










