Etude sur les investissements collectifs privés au Sénégal
Présidé par Papa Birama Thiam, directeur de l’Assistance technique et Coordinateur du Programme d’Appui aux Initiatives de Solidarité pour le Développement (PAISD), la rencontre du 14 janvier s’est tenue en présence des associations de ressortissants, composante clé de l’étude. Il s’agissait de rappeler les objectifs de cette étude longue de 5cinq mois, réalisée par et pour ces associations, et d’introduire l’équipe mixte franco-sénégalaise qui va la réaliser sur le terrain.
Ce premier article est l’occasion de présenter les objectifs et les grandes étapes de cette étude.
Aux origines de cette étude
Inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre la France et le Sénégal, le PAISD a pour objectif d’accompagner les initiatives des ressortissants sénégalais établis en France en faveur du développement économique et social du Sénégal. Le PAISD est financé par l’État français à travers le programme d’aide publique au développement « 301 » et l’État du Sénégal et vient renforcer la mobilisation financière de plusieurs milliers de Sénégalais vivant en France. Pour Papa Birama Thiam, coordinateur du PAISD, « la capacité d’intervention des associations de ressortissants sénégalais n’est plus à démontrer ».
Le partenariat tissé entre les associations et le PAISD a ainsi notamment donné naissance à des établissements scolaires, des infrastructures d’accès à l’eau potable, des postes de santé, des maternités, des barrages hydro agricoles etc. Alors que des réponses sont apportées aux enjeux majeurs que sont l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, il semble désormais possible de soutenir la création de sociétés d’investissement privées à travers le recours à des investissements collectifs, et de mobiliser l’épargne des migrants et leurs associations autour de celles-ci.
Cette démarche s’appuie sur des initiatives telles que la création de la société Niokolo Transports en 2009, expérience réussie d’investissements privés collectifs, et sur de premiers échanges constructifs avec les associations de ressortissants menés en septembre 2011. La réalisation d’une étude de faisabilité sur cette question de l’investissement productif collectif au Sénégal est toutefois un préalable essentiel. Avec, comme questions centrales : comment passer du social au productif, comment faire pour que les associations soient également porteuses de projets économiques ? Comment intervenir et structurer cet investissement ? Quelles sont les niches d’investissement dans les régions d’origine des membres de ces associations ? Quel dispositif spécifique d’accompagnement mettre en place auprès des associations ?
Une étude pour et par les associations de migrants
Le samedi 14 janvier 2012, la réunion d’informations et d’échanges présidée par Papa Birama Thiam, en présence de l’AFD et des équipes des bureaux Dalberg et R.M.D.A, en charge de la réalisation de l’étude, a marqué le lancement de l’étude. « Vous, les associations de migrants, êtes les clients, nous sommes les porte-voix. C’est à vous de donner les grandes orientations du projet. Vous êtes au début et à la fin du processus. » C’est en ces termes que Papa Birama Thiam a ouvert la réunion, rappelant à toute l’assemblée que l’étude est réalisée par et pour tous les ressortissants qui, collectivement, veulent s’engager dans la voie de l’investissement productif.
L’étude repose en effet sur une démarche participative, l’écoute et le dialogue, autant d’atouts qui donneront à voir les leviers et les contraintes des migrants en matière de soutien financier aux initiatives privées. Il s’agit au final d’identifier des rêves, et des manières de les réaliser !
Deux temps majeurs d’étude pour un rendu pragmatique et opérationnel L’étude est menée en deux phases, l’une de collecte et l’autre d’analyse. L’objectif est de pouvoir fournir aux migrants un outil opérationnel et pragmatique, à même de les accompagner dans le développement et le financement de projets d’initiatives privées (créations d’entreprise, développement d’entreprises existantes…).
De janvier à mars 2012, la phase de collecte comprend :
un volet en France, via des entretiens avec les associations de migrants sénégalais ; ces entretiens doivent permettre d’identifier le profil et le potentiel d’investissement de la diaspora ;
un volet au Sénégal, via l’identification de projets en phase avec le ou les profil(s) identifié(s).
Réalisée en avril 2012, la deuxième phase a pour objectif de rassembler les outils et les modalités d’accompagnement, et de proposer un cadre d’investissement collectif productif.
Fin mai 2012, les rapports finaux concrétiseront l’étude. L’objectif étant de disposer de rapports opérationnels, pour une utilisation facile et immédiate.
Cette démarche pourrait par ailleurs intéresser d’autres pays : présent à la réunion de lancement, Hamedy Diarra, président du Haut Conseil des Maliens de l’extérieur Section France, a manifesté son intérêt pour le projet.
Focus sur S.A. Niokolo Transports, un exemple probant d’investissements productifs collectifs
C’est parce que la société Niokolo Transports est une parfaite illustration de la réussite d’un projet d’investissements productifs collectifs au Sénégal que Cheikhou Souaré, son président, était présent le 14 janvier pour partager son expérience avec les associations. « A l’origine, notre objectif était de désenclaver les régions sud et sud-est du Sénégal qui n’avaient ni infrastructures de logistique, ni infrastructures de transports et ainsi décongestionner l’essor productif de ces régions », explique-t-il.
En 2006, Cheikhou Souaré et Sidy Sy, aujourd’hui respectivement président et directeur général de la Société Niokolo transport S.A., décident de mener des études de marché et de monter un business plan en vue de la création d’une société de transports. Rapidement, ils parviennent à mobiliser avec eux un comité d’actionnaires originaires des régions de Tambacounda, Kédougou, Dakar, et installés au Sénégal, en Europe ou aux États-Unis. « Nous étions alors trois cents, chaque personne a souscrit des actions et nous avons créé en 2009 une Société Anonyme ». Avec un capital de départ de 170 millions de francs CFA, la SA Niokolo Transports, entreprise de marchandises et de passagers, n’a depuis cessé de croître. Et lorsqu’il a fallu obtenir un prêt, les deux entrepreneurs ont facilement convaincu la Société Générale d’investir dans la société, tant le système était viable et la détermination des deux hommes – et de leurs amis actionnaires - infaillible.
Pour les associations qui souhaitent rejoindre l’étude, contactez Martin Fleury par mail à l’adresse : martin.fleury[AT]gmail.com.
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