FFQCD : une plaque tournante entre le Québec et la France
Cette année, trente-et-un projets ont été retenus sur les quarante-neuf candidatures déposées, contre vingt-quatre projets retenus lors du précédent biennum. Trente collectivités territoriales françaises sont directement impliquées dans cette coopération : douze régions, cinq départements, sept villes et communes, deux communautés de communes et quatre communautés d’agglomération. Quatre de ces projets sont par ailleurs portés à la fois par les collectivités territoriales françaises et les Conférences régionales des Élus (CRE) du Québec, chefs de file des ateliers des quatrièmes assises franco-québécoises de coopération décentralisée.
Projets culturels
Avec dix-huit projets déposés et dix retenus, contre quatre sur le biennum 2009-2010, la culture est le domaine qui a reçu le plus grand nombre de candidatures.
En première ligne, l’axe portant sur les arts numériques et visuels, dans lesquels sont impliqués la région Ile-de-France, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la région Poitou-Charentes, le Conseil général des Bouches-du-Rhône et la ville de Lorient, se concentre autour de quatre projets : la codiffusion d’œuvres françaises et québécoises, les résidences croisées d’artistes, l’usage du haut et très haut débit dans les œuvres numériques et les arts hyper médiatiques.
Les « co-créations et co-productions » sont également mises en exergue à travers cinq projets. Ainsi, le projet « Trilogie des femmes », du metteur en scène Wajdi Mouawouad, est soutenu par le Conseil général de Loire-Atlantique. La ville de la Rochelle – collectivité chef de file pour l’atelier « culture » - initie un projet sur les arts de rue. Deux projets sont portés par la ville de Bordeaux et la région Midi -Pyrénées. Enfin, la ville de Trouville-sur-Mer coordonne les « Rencontres France/Québec autour du court métrage ».
Le théâtre mobilise quant à lui, la région Rhône-Alpes autour de la « Commedia dell’arte ».
Projets de développement territorial durable
Sept projets sont soutenus dans cet axe prioritaire de la coopération décentralisée. Les échanges en matière de développement territorial durable attirent beaucoup les collectivités :
deux projets s’intéressent plus particulièrement aux éco-entreprises. L’un porté par le Conseil général de Maine-et-Loire et l’autre soutenu par le Conseil régional de Nord-Pas-de-Calais ;
la région Ile-de-France, collectivité chef de file de l’atelier « ruralité » soutient quant à elle, un projet sur l’éco-tourisme ;
la communauté d’agglomération du Grand Lyon échange avec ses partenaires québécois sur les pratiques de consultation pour les grands projets en milieu urbain ;
la région Franche-Comté est impliquée dans un échange sur le tourisme hivernal ;
le Conseil des élus du Pays Basque porte un projet regroupant plusieurs collectivités locales et le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, autour des questions d’élaboration et d’évaluation d’Agendas 21 locaux ;
le Conseil général de l’Essonne, collectivité chef de file de l’atelier « développement durable », porte un projet sur l’animation territoriale et la mise en œuvre du développement durable et solidaire, sur des problématiques communes telles que la gestion des matières résiduelles et des déchets, et le développement des éco-industries.
Projets relatifs aux enjeux socio-économiques
Huit projets sont soutenus dans ce secteur qui se décline entre trois axes de coopération :
les « questions sociales » se retrouvent notamment au cœur d’un nouveau partenariat. En effet, le projet sur « la mobilité dans le secteur de l’intervention sociale » voit son partenariat élargi avec l’arrivée de la région Réunion. Ce projet est devenu emblématique de la coopération décentralisée franco-québécoise puisqu’il mobilise désormais cinq collectivités territoriales françaises directement impliquées dans sa mise en œuvre ;
dans la même lignée, « le développement de l’économie sociale et solidaire », menée par la région Poitou-Charentes – région chef de file en matière sociale, mobilise sept partenaires locaux en France et au Québec ;
avec cinq projets déposés dont trois retenus, la « persévérance scolaire » est une deuxième thématique qui bénéficie d’un fort intérêt de la part des collectivités territoriales. Ainsi, le Conseil régional de Bretagne, le Conseil régional de Poitou-Charentes, et la ville de Châtellerault se sont respectivement engagés sur des coopérations qui concernent la « mobilisation des acteurs régionaux et locaux sur les questions éducatives et de la jeunesse », la « réussite éducative et l’insertion professionnelle des jeunes » et le partage d’expertises et de bonnes pratiques entre « les Carrefours jeunesse-emploi d’Abitibi-Témiscamingue et les missions locales de Poitou-Charentes » ;
les enjeux relatifs à l’« économie et entrepreneuriat » sont étudiés au travers de trois projets. En premier lieu, la poursuite du projet « Fête des Lumières » entre la ville de Lyon et la ville de Montréal favorise le rapprochement entre les entreprises artistiques et les pôles de compétitivité des filières de l’image et du son des deux régions. De même, une nouvelle collaboration a été initiée par la communauté de communes du Kochersberg (CocoKo) pour la création d’un programme de stage inter-entreprises à destination de ses étudiants. A noter que ce nouveau partenariat peut-être qualifié d’innovant puisque la CocoKo mobilise ses dix-neuf communes membres sur ce projet ;
la ville d’Alès ouvre une nouvelle voie de coopération sur le « soutien stratégique aux entreprises pour améliorer l’environnement de travail et limiter les risques physiques et psychologiques ».
Projets concernant les pôles de compétitivité
Axe dynamique de la coopération décentralisée depuis 2007, les échanges entre pôles de compétitivité français et créneaux d’excellence québécois se sont beaucoup développés et renforcés grâce aux symposiums des pôles de compétitivité dont le premier s’était tenu à Québec en 2008 et le deuxième en France en 2010.
Six projets sont actuellement soutenus pour cette thématique, dont quatre émanent directement des relations établies lors de ces symposiums. Ces projets issus des travaux des symposiums traitent des sujets suivants : les biotechnologies marines (avec comme partenaires : le Centre de biotechnologies en Bretagne Développement et Brest Métropole Océane), les textiles techniques et innovants (avec le pôle Uptex) et l’innovation et technologies alimentaires (avec le Club PAI Food Ingredients). Par ailleurs, un autre projet, porté par le pays de Montbéliard, s’intéresse au développement de la filière bois, pour l’utilisation du bois dans les constructions industrielles mais aussi pour le développement de projets structurants autour du matériau bois. Enfin, une thématique complètement nouvelle a fait son apparition dans ce nouveau biennum : la cosmétique et les compétences spécifiques reliées à ce secteur. Ce projet novateur est porté par la Cosmétique Valley en France.
Création du « fonds franco-québécois de Coopération décentralisée pour la Reconstruction en Haïti »
Il est à noter que le « bon cru » de ce biennum, a largement favorisé la création du « fonds franco-québécois de Coopération décentralisée pour la Reconstruction en Haïti ». Ce nouveau FFQCD a été créé conjointement entre le Consulat général de France à Québec et le ministère des Relations internationales du Québec pour appuyer financièrement le développement de projets en Haïti issus de la coopération décentralisée franco-québécoise. Ces actions seront mises en œuvre à travers les autorités locales haïtiennes et les acteurs de terrain œuvrant déjà sur place, à partir du 15 novembre 2011 et se termineront au plus tard le 31 mars 2013.
La coopération décentralisée France-Québec sur LatitudeFrance :
Partenariat franco-québécois pour la reconstruction d’Haïti (juin 2011) ;
La Commission de coopération franco-québécoise pour des projets dynamiques (juillet 2011) ;
Pierre Moscovici signe à Québec une entente sur le bois (avril 2011).
Pour aller plus loin :
Fonds franco-québécois de Coopération décentralisée, les projets co-financés, Commission nationale de la Coopération décentralisée (CNCD) ;
Les Agendas 21 locaux, Observatoire national des agendas 21 locaux et pratiques territoriales de développement durable ;
Fonds franco-québécois de Coopération décentralisée pour la Reconstruction en Haïti - explications, Consulat général de France à Québec.
Liens utiles :
Consulat général de France à Québec - coopération décentralisée
Ministère des Relations internationales du Québec - FFQCD










