Financer les villes d'Afrique : entretien avec un expert AFD

- Freetown au Libéria (Photo : IRD-Cities alliance).
La productivité économique des villes et les conditions de vie des habitants sont déjà aujourd’hui gravement affectées par les dysfonctionnements et le sous-équipement. Le continent africain connaît le plus fort taux de croissance urbaine de la planète. Les villes d’Afrique sub-saharienne vont accueillir à elles seules plus de trois cents millions d’habitants dans les vingt prochaines années. Or la productivité économique des villes et les conditions de vie des habitants sont déjà aujourd’hui gravement affectées par les dysfonctionnements et le sous-équipement.
Un phénomène sous-estimé
L’enjeu est d’autant plus important que les bailleurs de fonds et les responsables politiques africains semblent sous-estimer les conséquences économiques et sociales de ce phénomène. Un double changement d’échelle et de modèle de financement des villes s’impose !
Un changement d’échelle dans les montants d’investissements locaux pour que la ville africaine puisse être un moteur de croissance et de création d’emplois comme elle l’a été pour les pays émergents d’Asie par exemple.
Le système financier africain devrait être en mesure d’assurer ce financement de l’investissement local à la condition d’une modernisation de la fiscalité locale, d’une meilleure captation de l’épargne locale et du recours à de nouvelles sources de financement comme la valorisation du foncier.
Pour Thierry Paulais, les évolutions en cours dans les économies et les sociétés africaines, comme l’émergence d’une classe moyenne et d’un actionnariat populaire, l’apparition d’une nouvelle génération de managers, la montée en puissance des bourses de valeur, rendent le moment propice à l’engagement de la modernisation des systèmes de financement des collectivités locales. Cette modernisation va demander toutefois un certain nombre de réformes institutionnelles.
Une initiative spéciale pour les "villes fragiles" ?
Thierry Paulais propose l’idée de développer un dispositif d’investissement spécial pour ces grandes villes d’États dits fragiles et qui sont relativement délaissées par l’aide internationale et victimes d’une véritable "trappe à financement". Ces villes - telle que Kinshasa - peuvent atteindre des tailles qui dépassent celles d’États fragiles, qui, eux, bénéficient de l’aide internationale.
Retrouvez la contribution de Thierry Paulais sur le blog "Idées pour le développement".
Pour commander l’ouvrage Financer les villes d’Afrique : cliquez-ici.
Pour s’informer de toutes les analyses de la série "l’Afrique en développement" : cliquez-ici.
Liens utiles :
Les actions du réseau culturel et de coopération français en matière de développement urbain (LatitudeFrance)
Les interventions de l’AFD en Afrique (AFD)








