Guinée : Un volontariat français discret mais apprécié
Des chiffres modestes
Ainsi, 174 Volontaires Internationaux d’Échange et de Solidarité - VIES recensés, ont été accueillis dans 33 structures d’accueil - SA. Ce chiffre est relativement modeste et s’explique par la situation politique de la Guinée ces deux dernières années, que l’on peut qualifier de "période de reprise d’activité".
Ces structures sont principalement concentrées dans les régions de Conakry et en Basse-Guinée, du fait des conditions de vies et de travail plus faciles qu’en Haute Guinée et en Guinée Forestière (accès à l’énergie, aux soins, conditions de transport, etc.).
Elles agissent à 85 % dans les domaines de la santé, de l’éducation, et de l’agriculture. Elles cherchent à se professionnaliser en faisant appel à des VIES dotés de compétences techniques (compétences recherchées par 55% des SA) et capables de mener la conduite de projets (compétences recherchées 39% des SA).
Cet objectif est compromis par une difficulté majeure : le "manque de moyens" des SA. Pour cette raison, la catégorie de volontariat la plus sollicitée est le stage (25%), puis le bénévolat (toute catégorie d’âge confondue : 62% des VIES). Ainsi, 87% des volontaires en Guinée sont peu ou pas indemnisés. Ceci peut constituer un élément d’explication pour la durée moyenne des séjours relativement courte : 152 jours, soit 5 mois. Par ailleurs, 15% des SA ont dit avoir rencontré des difficultés d’ordre financier dans l’accueil de leurs volontaires.
Des volontaires jeunes et bien formés
Même s’ils sont en grande partie diplômés (45% sont détenteurs d’un Bac+5 et 67% d’un Bac+3) et compétents, les volontaires restent jeunes (62% ont moins de 26 ans) et donc peu expérimentés, spécialement dans le contexte interculturel guinéen. Ils sont peu mobilisés dans des missions d’échanges (seulement 37% des SA) ou de découverte (12%) mais plutôt pour des missions d’apport de compétence (85% des SA). De plus, ils occupent, dans de nombreuses SA, des postes à responsabilités, voire "sensibles" (Responsable Administratif et Financier pour 12% des SA, direction 15%, coordination 39%) ce qui semble peu compatible avec la logique du volontariat : accompagner et non se substituer.
La réponse aux questions relatives à la satisfaction des responsables des SA, montre que l’appréciation du "travail" des VIES semble surévalué. Ainsi, ce qu’il conviendrait d’appeler "la compétence étrangère occidentale" apparaît comme "solution universelle" aux problèmes rencontrés dans les projets de développement.
Cette représentation semble également s’appliquer pour les volontaires ayant la fonction de technicien spécialiste (présents dans 55% des SA). En effet malgré leur jeunesse, leur inexpérience du terrain et du contexte interculturel, plusieurs responsables des SA ont qualifiés leurs pratiques de "voies à suivre" au détriment des pratiques locales qualifiées de "mauvaises".
Une des potentialités intéressantes pour la dynamisation du volontariat français en Guinée est la création d’un réseau des structures du "Sud". Les SA ont suggéré que FV puisse jouer le rôle d’une structure facilitant les connexions entre les acteurs du développement en Guinée.
Liens utiles :
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