L'artisanat féminin, levier du développement
C’est devenu un rendez-vous incontournable en Afrique. Le SAFEM, qui se tient du 30 octobre au 8 novembre dans le village artisanal de Wadata à Niamey, a été créé en 2000 par une poignée de femmes menées par Aïchatou Boulama Kané.
Plus de 70 000 visiteurs attendus
Toujours aux commandes comme coordinatrice, celle-ci explique : « Vu l’engouement suscité par la précédente édition, nous tablons sur plus de 800 exposants, dont 65 % de femmes. Nous attendons également quelque 25 pays africains et plus de 70 000 visiteurs ». Le chiffre de ventes est estimé à plus de 500 millions de FCFA.

- Sur le stand du Niger.
L’accent est mis cette année sur la créativité des femmes africaines. Aïchatou Boulama Kané précise : « Un pavillon lui sera dédié, dénommé Wouro Debbo (« Maison de la Femme » en fulfulde, langue des Peulhs de l’Est). Il présentera les œuvres créatives des femmes exposantes et les prototypes issus des formations dispensées (...) La « Région phare » sera Tahoua. Le gouverneur et sa délégation animeront le SAFEM en faisant la promotion de leur région : artisans, artistes, échoppes traditionnelles, richesses culturelles et touristiques… Le SAFEM leur réserve le stand le plus beau et le plus grand au centre du village artisanal, qui peut accueillir 80 exposants. » [1]
Les créatrices exerceront leurs talents dans des stands d’orfèvrerie, de tissage, de tannage, de vannerie mais aussi des stands alimentaires avec des produits locaux tels que le mil, le riz, le sorgho, le fonio. La mode est également très présente, avec un imposant défilé en musique.
Les femmes au premier plan du développement local
Ce salon place les femmes comme actrices dans le processus de production et comme levier économique indispensable au développement local du Niger.
L’idée en est venue à sa créatrice après sa participation à un projet de développement initié par le Luxembourg, au début des années 1990, portant sur le soutien aux artisans nigériens : « Nous constations que les artisans ne parvenaient pas à vivre de leur travail parce que les Nigériens ne consommaient pas les produits locaux, » explique-t-elle. Avec une équipe forte d’une centaine de personnes dès la deuxième année, elles « sont parties à la rencontre des responsables politiques et des chefs d’entreprises qui importaient leurs produits de Chine, pour les sensibiliser à consommer les produits locaux. Nous avons également invité les pays de l’Afrique de l’Ouest ».
Productrices et prescriptrices
Le SAFEM cible les femmes en tant que prescriptrices de la consommation des ménages et s’adresse également à leur rôle de productrices. Il met la question de la production et de l’accès au marché au cœur des débats sur le développement et s’attache à promouvoir les entrepreneuses. Ainsi, en marge du Salon se tiendra un atelier sur la contribution de l’artisanat à l’autonomisation de la femme et une conférence sur l’entreprenariat féminin en Afrique.
Aujourd’hui, les organisatrices du salon souhaitent inciter les artisanes à confectionner des produits exportables, susceptibles d’intéresser le visiteur ou l’acheteur étranger, et ont le projet d’ouvrir des écoles d’artisanat.

- SafemModeMarronCoupée
Devenu une manifestation institutionnelle, le SAFEM dispose d’une structure autonome de coordination. Il a pour marraine Mme Laraba Tandja, Première dame du Niger, qui déclare : " Il est pour moi tout naturel de m’impliquer dans la promotion du SAFEM pour l’accent qu’il met sur les femmes dont le travail est marginalisé. "
Promotion du tourisme et de la création

- Défilé de mode clôturant le Safem.
Le SAFEM , c’est aussi la promotion du tourisme et de la culture. En mars 2009, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat du Niger, Amadou Aïssa Sido, et les organisateurs du salon sont ainsi venus à Paris le présenter à un parterre de professionnels de l’artisanat, du tourisme, de la presse et d’officiels, afin de toucher l’Europe.
La France appuie directement et indirectement le SAFEM depuis sa création en 2000. Cette édition 2009 est soutenue, du côté français, par le Centre culturel franco-nigérien et la société Areva, à hauteur de 10 000 euros. Le Salon compte également d’autres appuis : Union européenne, coopération luxembourgeoise, Ambassade des États-Unis.
En 2007, l’opérateur Culturesfrance, avec la Fondation Alaya et l’Ambassade de France à Niamey, avait organisé une formation de 30 artisanes nigériennes au Centre des métiers du cuir (également appuyé par la coopération française). Sous la houlette de deux designers français de haut niveau, elles avaient réalisé chacune « La chambre de la mariée moderne », et confectionné tous les objets propres à cette pièce. Leur présentation au Salon a été l’une des expositions les plus appréciées.
[1] D’après l’interview du 7 octobre 2009 sur http://nigerdiaspora.info/index.php/
Sites utiles :
Salon international de l’artisanat pour la femme : www.safem.info
Centre culturel franco-nigérien
Le 31 octobre, le lendemain de l’ouverture du salon, sera fêtée la Journée de la femme africaine.
Photos : Safem.










