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La finance comme point d'entrée du dialogue des civilisations

Malaisie | Kuala Lumpur - du 4 octobre 2011 au 5 octobre 2011
Soutenu par le fonds d’Alembert de l’Institut français, le Centre universitaire franco-malaisien (CUFM) et l’ambassade de France en Malaisie ont organisé une table ronde intitulé « Éthique et Finance », dans le cadre de l’édition 2011 du Kuala Lumpur Islamic Finance Forum (KLIFF). L’événement s’est tenu à Kuala Lumpur, les 4 et 5 octobre 2011.
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Ministre des Finances II de Malaisie, Ahmad Husni Mohamad Hanadzlah.

Le KLIFF rassemble depuis huit ans des spécialistes de la finance islamique, des banquiers, des membres de conseils de Charia et journalistes spécialisés. Pour l’édition 2011, vingt-sept conférenciers venaient de Malaisie, deux d’autres pays de la région, huit du Golfe, six d’Europe dont trois Français et un des États-Unis. Organisé en quatre sessions d’une demi-journée, il a rassemblé entre trois cents et quatre cent cinquante personnes par session, professionnels de la finance, étudiants et universitaires, pour l’essentiel.

Finance islamique

Cette édition a été introduite par des interventions du président du groupe Maybank, principal sponsor de l’événement, Abdul Wahid Omar, du ministre des Finances II de Malaisie, Ahmad Husni Mohamad Hanadzlah et de l’ancien Premier ministre malais, Mahathir Mohamad. Des panels de conférenciers ont, par la suite, abordé la finance islamique sous ses différents aspects. Un salon professionnel se tenait en marge de l’événement.

Les débats se sont appuyés sur les interventions de trois conférenciers : Mohamed Daud Bakar, président du conseil consultatif de Charia de la Banque centrale malaisienne ; Mohammad Hashim Kamali, président de l’International Institute of Islamic Studies ; et Dhafer Saidane, maître de conférences à l’université de Lille.

Les interventions ont été commentées par Mohamed Azmi Omar, doyen de l’Institut de Finance et de Banque islamique de l’International Islamic University Malaysia, Syed Othman Alhabshi, responsable des questions académiques à l’International Centre for Education in Islamic Finance et Kaouther Jouaber, maître de conférences et responsable du diplôme de finance islamique à l’université Paris-Dauphine.

Participants de haut niveau

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L’ancien premier ministre de Malaisie, Mahathir Mohamad.

La table ronde réunissait des participants de haut niveau : oulemas, membres de conseils de Charia, venus de Bahrein et d’Arabie saoudite, membres du conseil de Charia de la Banque centrale de Malaisie, dirigeants d’institutions financières, ou encore juristes et universitaires.

La France était également représentée par Anouar Hassoune, pdg et associé de Real Economy Partners ; Laurent Weill et Ibrahim Cekici, université de Strasbourg ; Pierre-Charles Pradier, vice-président de l’université Paris 1 Sorbonne ;, Cedomir Nestorovic, professeur à l’ESSEC.

Les idées phares

Les débats ont montré que si la finance islamique se veut éthique, puisque portée par les principes décrits dans le Coran, elle doit également être guidée par d’autres objectifs. Il est notamment apparu que de nombreuses passerelles existaient entre finance conventionnelle et finance islamique ; cette dernière offrant d’autres outils de financement par exemple. La finance islamique n’a en effet pas vocation à se cantonner aux pays musulmans et il n’y a peut-être pas même de corrélation forte entre offre financière de produits dit "islamiques" et populations musulmanes.

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Table ronde « Éthique et Finance ».

Les participants à la table ronde ont d’ailleurs pour beaucoup insisté sur la nécessité pour la finance islamique de s’émanciper de son caractère religieux, pour ne conserver que le caractère éthique, notamment le partage du risque et du profit, dans son affichage face aux opinions publiques occidentales.

Vers une "finance durable"

Plusieurs interlocuteurs malaisiens ont insisté sur la possibilité pour la finance islamique d’aller au-delà des prescriptions du Coran et de la Sunna en choisissant une démarche pro-active dans la mise en place d’une finance éthique en s’orientant par exemple vers la "finance durable" ou le financement de projets ayant un impact environnemental positif.

Au-delà de ces débats, des discussions informelles substantielles ont pu être tenues, notamment sur la question de la dette souveraine pour laquelle des alternatives au marché du crédit ont été évoquées.

Cette initiative a participé à la diffusion en Malaisie de l’intérêt de la France pour les possibilités offertes par la finance islamique, en écho à la visite de Christine Largarde, ministre française de l’Economie, qui en 2009 avait rencontré la gouverneur de la Banque centrale, Mme Zeti Akhtar Aziz.

Article publié le : 17/10/2011

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