La langue française à Madagascar : Francophonie et développement
Conférences plénières et ateliers thématiques
Sur ce sujet, souvent objet d’échanges passionnés voire passionnels, les conférences plénières et ateliers thématiques ont été marqués par le sérieux et la profondeur des échanges ainsi que la franchise toujours courtoise des exposés et des discussions. Au cours des séances la place de la langue française a été resituée dans l’histoire du pays. La problématique posée par le bi ou le multilinguisme et la place comme langues enseignées et d’enseignement du français, du malgache(s) et d’autres, dans un contexte de mondialisation a été traitée tant en séances plénières que lors des ateliers.
Conférences plénières
" Le français et les autres langues en présence à Madagascar : pratiques et représentations" par Mme le Pr. D.T. Razafindratsimba, CRECI, Université d’Antananarivo ;
"Langue maternelle, langues de scolarisation : quels choix opérer ?", par M. D. Lopez, directeur du secteur international de la Ligue de l’enseignement ;
"La nécessaire mutation des outils pour la formation didactique des enseignants de français", par M. le Pr. JP. Cuq, Président de la Fédération Internationale des Professeurs de Français ;
"L’appui à l’enseignement du et en français : les axes prioritaires de la politique de coopération française", par le SCAC (V. de Rohan Chabot, Cocac adjoint), l’AFD (P. Aubras, directrice adjointe de l’Agence de Madagascar) et l’alliance française (J-M Frachet et A. Godeau Pernet , DG et DG adjointe ).
Ateliers thématiques
"La langue française dans l’océan Indien, une position spécifique", animé par Mme L. Ramarosoa (Directrice du Bureau Régional de l‘Océan Indien de l’Agence Universitaire de la Francophonie). Avec le témoignage de Son Excellence M. G. Lemaire, ambassadeur de Maurice à Madagascar ;
"Le français langue d’échanges, d’entreprise et d’ouverture sur le monde", animé par M. Fr. Rajaobelina (Président de l’association malgache des DRH d’entreprises). Avec le témoignage de N. Ratsimamanga (Directeur du Développement Régional du Vakinankaratra) ;
"La langue française : obstacle ou facteur de réussite ?", animé par M. Ph. Durand (Coordonnateur de programme pour le français).
Avec le témoignage de M. R. Ranarijaona (Proviseur du lycée A. Resampa, Antsirabe).
Des échanges qui ont pris place, on peut retenir que les participants ont souligné que :
une approche dépassionnée de ce dossier était indispensable de même qu’une politique clairement établie et fondant de manière légale l’usage des langues, respectueuse et décomplexée vis-à-vis de chaque medium considéré (malgache ou français) ;
le français restait à Madagascar une langue de communication et d’ouverture sur le monde qui était incontournable : langue (partiellement) d’enseignement, langue administrative, langue de communication, langue des entreprises ; cet héritage devait être préservé, ce qui ne dispensait pas dans le cadre de la mondialisation de souligner que la maîtrise d’autres langues (notamment l’anglais, mais aussi le mandarin, l’espagnol etc .) était indispensable ; la problématique linguistique ne devait pas être abordée dans des perspectives d’opposition mais d’addition et de complémentarité ; l’héritage francophone étant une chance à utiliser, il convenait de veiller à ce que l’apprentissage de cette langue soit la mieux adaptée à la réalité d’un pays où une très large majorité reste exclusivement malgachophone ;
qu’en conséquence, l’apprentissage du français soit adapté aux publics scolaires malgaches en tenant compte des réalités linguistiques du pays, du niveau des enseignants, des objectifs visés (niveaux de langue attendus aux divers étapes du cursus scolaire…) ;
afin de répondre au défi de l’enseignement pour tous, il convenait que la question linguistique soit clairement posée, qu’une politique des langues soit affichée dans le secteur éducatif et que l’on ne se satisfasse plus de situations où le système produit de fait une majorité « d’analphabètes bilingues » ;
que soit aussi mise en œuvre des actions visant à décomplexer les apprenants en français en ayant le souci que cette la langue française ne soit pas une langue de sélection et d’éviction mais d’intégration, de promotion et d’ouverture tout comme d’autres langues étrangères.









