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Laaroussa : un projet audacieux Tunis-Sejnane

Tunisie | Tunis - Sejnane - du 1er février 2011 au 31 mai 2011
Le même vocable Laaroussa désigne, en arabe dialectal tunisien, la mariée et la poupée. Laaroussa, c’est aussi le nom d’un collectif, auteur d’un projet aussi original qu’ambitieux mené à Sejnane, petite localité d’une région démunie du Nord-Ouest de la Tunisie, que seuls quelques rares amateurs d’objets d’artisanat connaissent pour ses poteries traditionnelles fabriquées par les femmes.

Transmission de savoir-faire artisanaux

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Pétrir l’argile.

Il s’agit d’une expérimentation menée de février à mai 2011, sur le terrain, d’espaces d’échanges artistiques à travers des processus de création partagée et de transmission de savoir-faire artisanaux. Trois communautés de femmes sont impliquées dans ces rencontres : les potières de Sejnane, les tricoteuses-couturières-conteuses d’Arlène de l’association La Luna qui fédère des immigrées maghrébines et africaines de la ville de Nantes ainsi que des migrantes d’Afrique subsaharienne de Tunis.

Tisser des liens de solidarité

Face à l’isolement et la précarité dans lesquels vivent les femmes de ces communautés, le projet œuvre à tisser des liens de solidarité pour un mieux vivre ensemble. L’œuvre produite, symbolisant ce trait d’union est un objet universel, la poupée, moyen de survie, et objet de projection identitaire pour les unes, moyen de réinsertion, d’intégration ou de reconnaissance pour les autres.

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Laaroussa.

Mutualisant leurs expériences et leur énergie, les collectifs d’artistes ont mis en place et animé les ateliers, assurant toutes les charges d’organisation liées aux démarches administratives, à la logistique et à la communication. Conçues dans un esprit de partage des savoirs et des talents, les activités ont su exploiter les aptitudes de chacune : maîtrise des différentes étapes de la fabrication des poteries, couture, chant, danse, conte, nourriture, garderie des enfants.

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Maîtresse du feu.

De multiples retombées positives

La finalité du projet est la création d’une coopérative permettant aux potières d’améliorer leurs conditions de travail et de vie. Les autres plus-values escomptées portent sur la sensibilisation à la protection de l’environnement et des ressources naturelles de la région, la dynamisation du secteur de l’artisanat traditionnel et la valorisation de ses productions grâce à la mise en place de circuits de commerce équitable.

Séduit par l’entreprise, l’Institut français de coopération (IFC) a tenu à lui fournir un soutien moral et matériel, dans la continuité du partenariat engagé avec Selma et Sofiène Ouissi, ses initiateurs. Avec ses deux associations l’Art Rue et Muzaq, le duo de chorégraphes s’est imposé comme un opérateur de premier plan sur la scène artistique tunisienne. C’est à eux et à leur collectif que l’on doit Dreamcity, festival pluridisciplinaire qui a ouvert l’espace historique de la médina de Tunis à l’art contemporain, dans tous ses états.

En soutien de la société civile

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Collier géant.

Par sa démarche et ses objectifs, Laaroussa s’inscrit dans la lignée de l’action de l’Institut français de coopération en faveur de la société civile tunisienne, actuellement en pleine effervescence. Le lien est évident avec le premier Forum tuniso-français de la société civile, tenu les 21 mai 2011, où des ateliers ont été consacrés à des problématiques similaires : femmes, micro-crédit, environnement, citoyenneté. Le projet rejoint également, le programme Artisanat/Design, savoirs et savoir-faire en partage mené par l’IFC en 2009- 2010 et qui a abouti, en juin 2010 à "La Collection", une réunion d’objets nouveau issus de l’artisanat et du design.

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Poupée géante.

Pour conclure en beauté cette riche aventure humaine, le collectif Laaroussa a convié les partenaires de l’opération, la presse et bon nombre de personnalités à venir à la rencontre de ces femmes potières lors d’une fête à Ghrof, petit hameau voisin de Sejnane. L’invitation avait un autre objectif : attirer, sur les lieux, les mécènes et bailleurs de fonds potentiels afin de les intéresser au financement du projet de coopérative.

Une journée conviviale à l’image du projet

Le déplacement en valait largement la peine ! Une journée magique, admirablement mise en scène et orchestrée, conviviale et généreuse, à l’exemple de toute la démarche qui fonde le projet !

Le rendez-vous proposait un véritable parcours sensoriel, dans un lieu rêvé, mais bien réel, un espace–installation conjuguant architecture végétale, cartographie sensible, sons, vidéos, chants, œuvres plastiques et créations artisanales. Autour d’un repas préparé par les potières, les invités ont ainsi célébré, avec leurs hôtes, ce véritable rituel qu’est la naissance de Laaroussa, la poupée d’argile.

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Salut d’acceuil.

Bien mieux que les mots, les images suivantes illustrent les séquences fortes de cette fête : l’accueil de la communauté en ligne, formant une fresque colorée à flanc de colline, les cercles de potières dans les différentes phases du travail, les œuvres des artistes plasticiens inspirés de l’artisanat, et la naissance, par le feu, de la poupée.

Article publié le : 04/07/2011

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