Le Prix Simone de Beauvoir aux Femmes démocrates tunisiennes

- Simone de Beauvoir (Photo : Georges Bendrihem / AFP).
Présidé par la journlaiste et critique littéraire du quotidien Le Monde Josyane Savigneau, le jury international composé de vingt-cinq personnalités issues du monde des arts et des lettres, a choisi de récompenser, parmi les cinq personnalités présélectionnées, l’Association tunisienne des Femmes démocrates.
Sensible à l’actualité internationale, le jury du prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes a souhaité encourager cette association qui a participé aux révolutions arabes dans la région du Maghreb-Machrek. « Le jury s’est concentré sur une région du monde où il est particulièrement urgent de défendre ou de garantir la liberté des femmes et leurs droits, soit encore inexistants, soit menacés », a souligné Josyane Savigneau.
Mobiliser la solidarité internationale
En remettant cette distinction à l’Association tunisienne des Femmes démocrates, le jury veut contribuer à mobiliser la solidarité internationale, réaffirmer le droit des femmes dans le monde, garantir la protection de celles qui luttent aujourd’hui au risque de leur vie, et défendre, à leurs côtés, les idéaux d’égalité et de paix.
L’Association tunisienne des Femmes démocrates est un groupe de femmes tunisiennes qui a décidé de constituer un mouvement autonome de femmes, afin de présenter un discours autre et une démarche différente en vue de combattre l’oppression patriarcale et de conquérir la citoyenneté.
Depuis 1989, l’Association tunisienne des Femmes démocrates s’est affirmée en tant qu’association féministe fidèle à ses principes fondateurs. Elle se bat pour l’autonomie, la pluralité et la solidarité. Elle milite aussi pour l’égalité entre les sexes, la démocratie, la laïcité et la justice sociale. L’association s’est fixé l’objectif de défendre les droits des femmes et de promouvoir l’égalité dans les domaines civils, politiques, sociaux, économiques et culturels. Elle lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences, mais aussi contre toutes les manifestations de l’ordre patriarcal. L’Association tunisienne des Femmes démocrates est une organisation membre de la Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH).
À l’occasion de cette remise du prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes, les projections Ciné Diderot ouvrent l’année sur une programmation spéciale avec la projection de Laïcité Inch’Allah , en présence de Nadia El Fani, réalisatrice du film, Ahlem Belhadj, présidente de l’Association tunisienne des Femmes démocrates, Sonia Dayan-Herzbrun et Fethi Benslama, enseignants-chercheurs à l’université Paris Diderot.
Le jury : Josyane Savigneau (présidente du jury, journaliste au Monde), Julia Kristeva (présidente fondatrice, professeure à l’université Paris Diderot, écrivaine et psychanalyste), Sylvie Le Bon de Beauvoir (présidente d’honneur du jury), Elisabeth Badinter (philosophe), Gérard Bonal (écrivain), Chahla Chafiq (écrivaine et sociologue), Denis Charbit (professeur de Civilisation française à l’université de Tel Aviv), Cécile Decousu (doctorante), Annie Ernaux (écrivaine), Claire Etcherelli (écrivaine), Madeleine Gobeil-Noel (Ancienne directrice des Arts à l’Unesco), Sihem Habchi (présidente de « Ni putes ni soumises »), Lilane Kandel (sociologue), Ayse Kiran (Docteur Université de Haceteppe, Ankara, Turquie), Claude Lanzmann (écrivain, cinéaste et directeur de la revue "Les Temps modernes"), Bjorn Larsson (écrivain, professeur à l’université de Lund, Suède), Liliane Lazar (Simone de Beauvoir Society, États-Unis), Annette Lévy-Willard (journaliste à Libération et écrivaine), Anne-Marie Lizin (sénatrice, présidente du Conseil des Femmes de Wallonie, Belgique), Malka Marcovich (historienne), Kate Millett (écrivaine, artiste peintre et sculptrice, États-Unis), Yvette Roudy (ministre des Droits de la Femme de mai 1981 à 1986), Danièle Sallenave (écrivaine), Alice Schwarzer (écrivaine, Allemagne), Margaret Simons (professeure de philosophie, Southern Illinois University, États-Unis), Annie Sugier (présidente de la Ligue internationale du Droit des Femmes), Linda Weil-Curiel (avocate), Anne Zelensky (écrivaine, présidente de la Ligue du droit des Femmes, cofondée avec Simone de Beauvoir).
A propos du prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes :
Créé en 2008, à l’occasion du 100e anniversaire de Simone de Beauvoir (9 janvier 1908), le prix Simone de Beauvoir pour la Liberté des femmes est décerné chaque année à des lauréat(e)s élu(e)s par un jury international. Le prix, doté de 20 000 euros, est soutenu par l’Institut français, les Éditions Gallimard et l’université Paris Diderot.
Le prix Simone de Beauvoir pour la Liberté des femmes a été remis, en janvier 2011, à Ludmila Oulitskaïa.
Contact du prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes :
Rachida Lemmaghti, 01 57 27 64 32, rachida.lemmaghti [AT] univ-paris-diderot.fr ; université Paris Diderot, Pôle égalité femmes hommes.
Pour aller plus loin :
"Laïcité Inch Allah" : un document utile à la compréhension du printemps arabe, LeMonde.fr, septembre 2011 (consulté le 10 janvier 2012)
Liens utiles :
Association tunisienne des Femmes démocrates
Prix Simone de Beauvoir
"Le jury du prix Simone-de-Beauvoir établit une première sélection de lauréats et de lauréates", communiqué du 13 décembre 2011, université Paris Diderot
Institut français











