"Les Manufactures des Gobelins" à Bucarest
Au-delà de la sauvegarde du patrimoine comme politique d’État, cette exposition met en évidence la manière avec laquelle la France a su utiliser son patrimoine culturel, aux multiples horizons, comme vecteur de sa diplomatie et de sa politique d’influence. Non loin de la capitale, des tapisseries artisanales roumaines s’étant inspirées de motifs répandus dans l’Europe entière par la célèbre manufacture française, sont exposées régulièrement au Palais de Mogosoia.
Un lieu de patrimoine mais aussi d’innovation
Un choix significatif des meilleures tapisseries françaises tissées aux Gobelins du XVIIe au XIXe siècle est présenté au musée national d’Art de Roumanie (MNAR). Mais la manufacture n’est pas uniquement un lieu de patrimoine, elle est aussi un lieu d’innovation et d’échanges avec les plus grands artistes. C’est ainsi que le musée national d’Art contemporain (MNAC) accueille les œuvres de Picasso, Matisse, Le Corbusier, Erro, Schlosser, parmi d’autres, qui couvrent près de soixante ans de création esthétique française.
L’ambassade de France en Roumanie, l’Institut français de Bucarest et le Mobilier national proposent ainsi à travers plus de cinquante pièces uniques, un parcours artistique d’une ampleur inégalée, de Simon Vouet à Ségui, exprimée dans une technique particulière, celle du tissage de laine du licier, qui a permis de créer à travers les siècles des œuvres originales explorant la couleur et la matière.

- Œuvre de l’exposition au MNAC (Photos : Adi Bulboaca).
Pour la première fois en Roumanie, une collection de cette richesse permettra au public de découvrir ce dialogue entre l’artiste créateur du modèle et l’artisan représentant d’un métier d’art ancien dont la Manufacture nationale des Gobelins a su préserver et développer la spécificité.
Extrait du Mot de l’ambassadeur :
« À l’instar de nombre de fleurons de notre patrimoine national, les Gobelins sont d’abord le produit de créateurs venus de divers pays : des Français, des Italiens et des Flamands. Et surtout, l’histoire des Gobelins démontre avec éclat que la production et la préservation des œuvres d’art et de décoration sont les missions anciennes d’un État qui place la culture au cœur de son identité nationale et de ses relations diplomatiques.
[...] Car l’enjeu majeur de cette double exposition est sans doute de montrer comment un art intimement lié à l’artisanat - le tissage manuel sur métier - a su se réinventer en alliant valorisation du patrimoine et art contemporain.
Loin d’être une technique archaïque, la tapisserie est une source d’inspiration pour les artistes d’aujourd’hui. Alliant patrimoine, artisanat et création artistique, elle est la preuve et la splendide illustration que l’on peut être "moderne" tout en utilisant des techniques et des savoir-faire anciens. C’est en cela que présenter cette exposition en Roumanie, pays qui dispose d’une merveilleuse richesse artisanale - ces " mains d’or" dont il est urgent d’assurer la pérennité et le renouvellement ! - revêt un intérêt particulier. »
Consultez le dossier de presse.
Il est à noter que cet événement unique bénéficie d’une très grande couverture presse tant en France qu’en Roumanie.
Informations sur l’exposition :
Bernard Schotter, administrateur général du Mobilier national et des Manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie ;
Jean Vittet, inspecteur de la création artistique, chargé du fonds des tapisseries anciennes du Mobilier national – commissaire Expo Tapisseries anciennes ;
Marie-Hélène Massé-Bersani, directrice du département de la Production et responsable du Fonds textile contemporain – commissaire Expo Tapisseries modernes.
Photos : Adi Bulboaca.
A propos de l’histoire de la Manufacture des Gobelins :
Jean Gobelin, teinturier en écarlate, est venu s’installer à Paris dans le quartier Saint-Marcel, en 1443. Avec leurs voisins, les Canaye, originaires de Milan et également teinturiers, les Gobelins fondent une entreprise prospère. En 1601, à la demande d’Henri IV, les ateliers de tapisserie se développent avec l’arrivée de deux Flamands, François de La Planche et Marc de Comans. Ils créent la première manufacture de tapisserie du Roi. Rachetée par Colbert en 1662, elle devient la manufacture royale des meubles de la Couronne, appelée aujourd’hui manufacture des Gobelins. Cette manufacture fait aujourd’hui partie du Mobilier national, l’héritier républicain du Garde-Meuble royal.
Liens utiles :
Institut français de Roumanie
Musée national d’Art de Roumanie
Musée national d’Art contemporain
Mobilier national





















