Projet Eurosha : le partage de l'information via les NTIC pour une réponse humanitaire plus efficace en cas de crise
L’équipe Eurosha de Bangui en République Centrafricaine, c’est cinq volontaires européens (une française, une néerlandaise, une italienne et deux tchèques) et deux collègues centrafricains. Si les cinq jeunes en service civique ont quitté la République Centrafricaine, Serge et Assania continuent le travail sur place.
Former une communauté de géomaticiens
La mission des volontaires a été écourtée par la guerre. Mais le travail de base était assuré : présentation de la mission aux autorités locales, formation des collègues africains et leur mise en réseau pour construire une communauté locale autour d’OpenStreetMap (logiciel gratuit et collaboratif de mapping). "100% des géomaticiens centrafricains ont été formés" précise Jorieke, la Néerlandaise ; ils sont six professionnels à revendiquer ces compétences à la croisée de la géographie et de l’informatique.
Aujourd’hui que le GPS est devenu le meilleur ami des volontaires d’Eurosha, 90% de la ville de Bangui est "mappée" : hôpitaux, points d’eau, école, rues sont consignés sur une carte fiable et actualisable en temps réel. Entre l’absence de noms de rues et le retard de livraison des motos, indispensables pour se déplacer dans les rues de la capitale, la mission n’a pas été de tout repos. Elle s’est terminée par le "mapping" en urgence et à distance des principales villes attaquées par les rebelles. Elle a facilité en cela la prise en charge de la crise alimentaire et sanitaire.
Et maintenant ?
Serge et Assania approfondissent le travail d’information sur les hôpitaux et les ONG locales ; les deux jeunes tchèques sont partis prêter main forte à l’équipe Eurosha du Tchad et les trois autres volontaires sont parties la semaine dernière cartographier Maroua, au Nord Cameroun. Cette ville de 400 000 habitants est sujette à des inondations aussi subites que meurtrières.
"Cette expérience centrafricaine, aussi courte soit-elle, nous a beaucoup appris. D’abord à s’adapter à toute situation, par exemple faire une formation informatique sans électricité. Mais aussi à nous affirmer. Sept jeunes portant un projet européen, sans encadrant, il nous en aura fallu de la pugnacité pour être crédibles auprès des autorités centrafricaines !" raconte Morgane, la Française. "Sans compter la découverte du mode de vie centrafricain et des cultures… de nos homologues européens !" complète dans un clin d’œil Federica, l’Italienne. Et le trio, néerlando-italo-français s’envole pour le Cameroun, sourire aux lèvres et GPS dans la poche.
rédaction : Frédérique Williame
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