Promouvoir la littérature jeunesse par la formation
Pascale Grillandini et Marianne Ségol sont revenues à Stockholm lors de la Journée européenne des langues (26 septembre) pour assurer une formation à la mise en œuvre des comités de lecture en classe de français. Pascale Grillandini, présidente de l’association Postures, répond aux questions de l’Institut français de Stockholm.
Institut français de Stockholm : Pascale Grillandini, pouvez-vous nous présenter la démarche des comités de lecture en milieu scolaire ?

- Pascale Grillandini.
Pascale Grillandini : Il s’agit de faire découvrir l’écriture dramatique contemporaine, souvent méconnue, aux élèves des écoles élémentaires, collèges et lycées, et de faire en sorte qu’ils en rencontrent les auteurs. Les jeunes lisent des pièces choisies parmi les sélections récentes de comités professionnels. Ils se réunissent pour en choisir une et sont invités à trouver leurs « outils », leurs « entrées » pour les aborder : comment parler d’une pièce ? Comment parvenir à restituer son identité ? Comment se forger un avis et en fonction de quels éléments ?
Si le débat n’aboutit pas à un accord, la sélection se fait en comptant les arguments positifs pour chaque pièce défendue : un argument = une voix. Ce qui amène chacun à développer son sens critique, à préciser sa prise de parole, à réfléchir et à choisir les mots pour dire ce qu’il pense. En fin de parcours, les élèves présentent leurs travaux au public, dans leur établissement, et/ou dans une structure partenaire.
IFS : Pouvez-vous évoquer la genèse de cette démarche, les collaborations et les partenariats mis en place ?
P. G. : Ces comités de lecture ont été initiés au sein d’Aneth, l’Association aux nouvelles écritures théâtrales, il y a une dizaine d’années en Île-de-France, alors que d’autres structures culturelles, notamment le théâtre à Toulouse (TNT) et le théâtre Athénor à Saint- Nazaire avaient déjà développé des actions similaires en direction des jeunes. Dans ce cadre, le prix Collidram, décerné par les collégiens, a été créé en 2006 et a permis de donner une plus large visibilité aux comités de lecture. En tant que responsable des projets en milieu scolaire à Aneth, j’ai fondé en 2008 l’association Postures, afin de poursuivre le développement de ces actions, avec divers partenaires.
Dans le même temps, LABOO7 (réseau européen pour les écritures jeune public qui vise, entre autres, à la circulation des écritures dramatiques contemporaines en Europe) et Postures ont mis en place des comités de lecture jumelés entre des classes de collège françaises et suédoises, en partenariat avec l’Institut français de Stockholm et le théâtre suédois Riksteatern. En 2009, ces comités de lecture ont concerné près de mille jeunes en France et à l’étranger.
IFS : Quel est l’intérêt pour vous de travailler à l’étranger ?
P. G. : La prise de conscience qu’il s’écrit aussi des pièces en dehors de nos frontières permet aux élèves de découvrir des langues et des cultures différentes, d’expérimenter le sens et la sonorité de chacune d’elles et aussi de se sensibiliser à la traduction. Avec la mise en place de ces comités de lecture en France, en Suède et en Allemagne, l’ambition de Postures et de LABOO7 est de constituer une bibliothèque européenne de textes dramatiques créée par les élèves de différents pays.
Cette année, les élèves vont travailler sur le feuilleton théâtral « Ank ! Ang » de LABOO7, dont les cinq premiers épisodes sont écrits et traduits par des auteurs de quatre pays différents. Grâce à la richesse de ce feuilleton multilingue, les élèves s’initient - à travers des petites formes et de manière ludique - au théâtre contemporain européen.
Propos recueillis par Christophe Premat, attaché de coopération pour le français.
Liens utiles :
Ambassade de France en Suède
Institut français de Stockholm
Franska Praket
Postures 2008
SACD








