"Quai d'Orsay/Entreprises" : des partenariats public/privé ouverts sur le monde
Des cofinancements labellisés
Sous l’appellation Quai d’Orsay/Entreprises, sont regroupés tous les programmes de cofinancement initiés par l’administration centrale du MAEE ou ses ambassades à l’étranger, avec des entreprises.

- (Photo : Photodisc)
Le principe : offrir à des étudiants étrangers la possibilité d’être formés dans un établissement d’enseignement supérieur français, puis de suivre un stage en entreprise en France ou dans leur pays d’origine.
"Avec Quai d’Orsay/Entreprises, nous avons décidé de labelliser les projets de cofinancement avec les entreprises. Nous augmentons l’attractivité des programmes, simplifions leur mise en place par les ambassades grâce à l’élaboration de conventions et d’appels d’offres types", explique Françoise Sellier, responsable du Pôle des politiques et programmes de mobilité étudiante au MAEE.
Les objectifs sont multiples :
ouvrir le ministère au monde de l’entreprise ;
accroître et démultiplier les moyens d’action de la France dans un contexte de mondialisation ;
soutenir l’ambition internationale des établissements d’enseignement supérieur français ;
faciliter le recrutement par l’entreprise de profils internationaux formés dans les grandes écoles et universités prestigieuses ;
offrir aux étudiants étrangers une formation d’excellence adaptée aux exigences du monde professionnel.
En 2006, Thales a été la première grande entreprise française associée au programme. Jusqu’en 2010, elle a cofinancé, chaque année, les bourses d’une trentaine d’étudiants venus d’Inde, de Chine, de Russie ou du Brésil. Depuis, des partenariats ont aussi été développés avec Orange, DCNS, Alten, Air Liquide, Crédit Agricole et Areva.
Certains programmes sont initiés avec une seule entreprise et répondent à un besoin de pré-recrutement : le tutorat et le stage permettent à l’entreprise d’étudier le potentiel de l’étudiant durant et après sa formation et, éventuellement, de l’inviter à rejoindre ses rangs.

- Programme de bourses "Vrika !" lancé par l’ambassade de France en Grèce.
D’autres programmes se construisent autour de domaines pluridisciplinaires, regroupant plusieurs entreprises qui, en tant que mécènes, soutiennent une action de développement. C’est le cas du programme "Vrika !", lancé par l’ambassade de France en Grèce en 2004 et intégré à Quai d’Orsay/Entreprises. Certaines entreprises qui y participaient au départ ont été remplacées au fil des ans, mais la bourse est demeurée la même. À l’heure actuelle, sont partenaires : Air France, Groupama ou encore Emporiki Bank.
De nouvelles missions confiées à Égide
L’opérateur Égide a assuré la gestion du séjour en France de boursiers de Quai d’Orsay/Entreprises dès le lancement du programme. Depuis 2010, le MAEE lui confie également la responsabilité d’assurer sa promotion en démarchant les grandes entreprises du CAC 40.
Cette année, pour sa deuxième opération de promotion, Égide doit contacter une centaine d’entreprises sur tout le territoire français et organiser des rendez-vous avec le ministère. "Grâce à l’important travail de ciblage, d’approche et de communication d’Égide, la notoriété de ces programmes a pu être développée auprès des grandes entreprises françaises", confirme Françoise Sellier.
Outre ces démarches menées pour le ministère des Affaires étrangères et européennes, Égide conseille les ambassades sur les modalités techniques pour établir les programmes, rédiger les conventions entre entreprises, organismes de formation et étudiants lauréats et les oriente sur des solutions simples pour partager les coûts avec les entreprises. "Plus Égide est associé tôt à la discussion, plus le conseil et l’accompagnement du poste diplomatique dans la définition de son programme est efficace", conclut Emmanuel Becquart, responsable du Pôle développement à Égide.
Les grandes tendances du programme
Un bilan annuel des programmes cofinancés permet au MAEE d’observer les grandes tendances du programme Quai d’Orsay/Entreprises. "Bien que l’Asie demeure le premier continent en nombre de programmes cofinancés, on note une augmentation significative de ces programmes avec les pays d’Afrique", souligne Marlène Fondini, chargée de mission pour les programmes Quai d’Orsay/Entreprises. "L’intérêt des entreprises se manifeste souvent dans des pays qui possèdent des ressources énergétiques, par exemple, le Gabon et la Centrafrique pour le pétrole, ou le Cameroun, le Sénégal et le Ghana pour le gaz."
Par ailleurs, les programmes cofinancés sont plus nombreux, mais comptent moins de boursiers : alors que les premiers programmes offraient une trentaine de bourses par an, la tendance est aujourd’hui inférieure à dix boursiers (sachant que chaque étudiant financé représente un investissement d’environ 10 000 euros pour une entreprise).
Enfin, les entreprises participent au programme en poursuivant des objectifs de pré-recrutement plus que de mécénat même si ces visées se rejoignent.
Les principaux domaines représentés par les entreprises dans le cadre du programme sont :
l’énergie (Areva, Air Liquide, GDF Suez, Total) ;
les banques et assurances (Crédit Agricole, BNP Paribas, Axa) ;
la chimie et la pharmacie (Sanofi-Aventis, Merial, Rhodia, Pierre Fabre) ;
l’aéronautique et les armements (Thales, Airbus, Eurocopter).
La plupart des programmes cofinancés sont ouverts à plusieurs domaines et niveaux d’études. Ainsi, 75 % des programmes sont ouverts aux sciences de l’ingénieur, 43 % aux écoles de commerce et 22 % aux sciences fondamentales. Par ailleurs, 52 % des programmes sont ouverts aux mastères 2, 34 % aux mastères spécialisés et 30 % aux doctorats.









