Résidences Croisées, un laboratoire d'expérimentation esthétique
Des préoccupations communes
Les Résidences sont le résultat d’un échange entre les grandes écoles d’art des deux pays auquel participe l’Institut Français d’Amérique Latine (IFAL), à l’initiative du projet. S’y sont associées l’Ecole Supérieure de la Photographie d’Arles et le Centro de la Imágen de Mexico, l’Ecole Supérieure des Beaux arts d’Aix en Provence et l’Ecole supérieure des Beaux arts « La Esmeralda », le studio d’art contemporain « Le Fresnoy » et le Centro Multimédia du CENART, l’Ecole Supérieure Européenne de l’image d’Angoulême et le SOMA de Mexico ainsi que la FEMIS, école supérieure des métiers de l’image et du son de Paris et le CUEC Centre Universitaire d’Etudes Cinématographiques de la UNAM.
« Très prochainement, vont intégrer le projet, le réseau des Ecoles Supérieures d’arts de Bretagne et l’Ecole Supérieure des Beaux arts de Mérida au Yucatan » a annoncé M. Bourdon.
« Le programme franco-mexicain de Résidences Croisées d’Artistes de la Fabrique des Images est né d’un constat commun, à savoir la difficulté que rencontre la majeure partie des jeunes artistes plasticiens, français comme mexicains, à la sortie des écoles supérieures d’art pour continuer leur travail de recherche/création, confronter leurs œuvres aux regards des publics et plus largement s’insérer dans le marché de l’art », a indiqué le Conseiller Culturel.
Un espace d’échange et de création

- © DR
Avec ce programme, une résidence tant en France qu’au Mexique est proposée à de jeunes artistes diplômés ou sur le point de l’être ; ce qui leur permet de bénéficier d’un espace de dialogue, de création et d’expérimentation pendant une période de trois mois. A la fin de sa résidence, l’artiste présente son travail par une installation liée au « work in progress ». Au Mexique, l’IFAL et l’institution mexicaine hôte le guident dans ses recherches et s’engagent à favoriser des rencontres avec des professionnels de son milieu artistique. La même dynamique existe pour l’artiste mexicain invité en résidence en France.
Pour la seconde Résidence Croisée, l’artiste invitée au Mexique, Anaïs Belmont, expose du 15 janvier au 16 février le résultat de sa réflexion sous forme d’une exposition vidéo intitulée « Le temps Suspendu » à la Galerie de l’IFAL.
Etaient présents à l’inauguration l’Ambassadeur de France au Mexique, Mme Elisabeth Beton Delègue, le Directeur de l’Ecole Nationale de Peinture, Sculpture et Gravure « La Esmeralda » (ENPEG), M. Eloy Tarcisio López Cortés, la critique d’art et curatrice du projet, Mme Patricia Martín, le Directeur adjoint du CENART, M. Humberto Chávez Mayol, le Directeur adjoint de l’IFAL, M. Patric Clanet et le Directeur général de NIFAX, M. Michel Bichot, un des principales partenaires du projet.
Une artiste atypique

- "Le temps suspendu" d’Anaïs Belmont © DR
Anaïs Belmont (1986, Var, France) est une artiste vidéaste ayant fait ses études à l’école Supérieure d’Art d’Aix en Provence. « Grâce au médium de la vidéo, je tente dans mon travail de capturer ces moments et de les restituer à ma façon : comme dans une relation muette, un abandon silencieux, l’intensité d’un sommeil vertical… Je viens m’attarder sur ce que l’on ne saisit pas du premier abord […], ce qu’on oublie et qu’on laisse se dissoudre dans l’instant. […] C’est cela qui m’intéresse, tenter de capturer ces instants, de m’installer en eux, pouvoir prendre le temps de les apprécier, de les respirer jusqu’à en être rassasiée. Ma résidence au Mexique m’a alors menée plus précisément sur le chemin de la chute, sur l’instant où le corps n’a plus d’accroche ; ralentir ce moment avant la retombée au sol pour n’en garder qu’un flottement, une apesanteur », a expliqué l’artiste.
En obligeant le "regardeur"/citoyen à faire un effort pour se concentrer afin de saisir le quasi invisible, l’infime détail de l’œuvre – en l’occurrence dans la proposition d’Anaïs Belmont l’extrême lenteur des images qui défilent devant nos yeux – l’artiste accompli son devoir et dénonce le trop plein de visibilité de notre société contemporaine qui nous empêche finalement de voir l’essentiel. Elle nous pousse à sortir de cette anesthésie de la perception dans laquelle nous évoluons pour aiguiser nos sensibilités mais aussi pour essayer de mieux comprendre notre environnement et notre époque.
Lien utile :
Institut Français d’Amérique Latine







