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Séminaire sur l'Indépendance de la Guinée équatoriale

Guinée équatoriale | Malabo - du 12 décembre 2011 au 16 décembre 2011
Succès du premier cycle de conférences sur l’indépendance de la Guinée équatoriale à l’Institut français de Malabo. Aperçu.
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Samuel Denantes.

L’Institut français de Malabo, en collaboration avec l’ONG espagnole CEIBA et l’association France-Guinée équatoriale (ASSOFRAGE), a organisé un cycle de conférences sur l’indépendance de la Guinée équatoriale, dirigé par Samuel Denantes Teulade, historien français, spécialiste de la Guinée équatoriale et secrétaire de l’association France-Guinée équatoriale.

Une décolonisation ambiguë

Ce cycle s’est déroulé du lundi au vendredi, d’abord à Bata puis à Malabo. Il a abordé successivement, la construction de l’identité équato-guinéenne, les objectifs ambigus de la décolonisation, les différents débats qui traversèrent la société guinéenne à cette époque, et les conséquences immédiates de cette indépendance dans le nouveau pays. Enfin, le cycle s’est achevé par le visionnage du documentaire espagnol Memoria Negra, contenant de nombreuses images d’archives de cette période.


Grande première, la télévision nationale (TVGE) a accepté de recevoir en direct Samuel Denantes, accompagné de la directrice adjointe de l’Institut français, qui a pu donner de la visibilité à l’événement, en présentant succinctement les contours du séminaire. Samuel Denantes a par ailleurs présenté l’association France-Guinée équatoriale.

Assiduité et réactivité

Le cycle a été suivi à Bata par quinze étudiants et à Malabo par une cinquantaine de personnes, majoritairement étudiants à l’université nationale de Guinée équatoriale et par quelques retraités. Les participants ont été particulièrement assidus et de plus en plus nombreux au fur et à mesure des conférences jusqu’à la remise des diplômes (55 attestations, conditionnées par une présence au séminaire à 80 % minimum ont été délivrées à Malabo). Grâce à une convention passée entre l’ONG CEIBA et l’université nationale de Guinée équatoriale (UNGE), ces diplômes donnent droit à une validation d’acquis.

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Remise des diplômes aux participants.

Chaque jour, après une présentation de chaque thème pendant environ une heure trente, la salle a débattu des grandes questions que posait cette histoire jusqu’à aujourd’hui. Les interventions et témoignages de participants ayant vécu cette époque ont contribué à enrichir les conférences. L’angle choisi a permis de relativiser des problèmes qui restent très sensibles en les replaçant dans leur contexte historique. L’ensemble s’est fait dans un climat étonnant de liberté d’expression ; la parole de chacun, et notamment des anciens, étant écoutée avec beaucoup de respect malgré l’affirmation de divergences marquées. Le rôle de médiateur de Nanay Menemol, universitaire et membre de l’ONG CEIBA, a été déterminant pour le maintien d’une ambiance sereine.

Le sens des indépendances

Le colonialisme sous ses différents aspects, et notamment les tentatives tardives de se maintenir dans les années 1960 a pu être abordé à travers un retour sur l’histoire ancienne de la Guinée équatoriale.

A partir de la lecture et du commentaire d’un texte de 1967 dénonçant un "futur génocide des Bubis par les Fangs" et appelant à une indépendance séparée des deux parties du pays, il a été possible de traiter des questions comme le droit à l’autodétermination des peuples, le respect des frontières coloniales, le rôle de l’ethnie dans la construction de l’État, la discrimination du peuple autochtone de l’île et leur absorption progressive par l’ethnie majoritaire originaire du continent.

La question de l’indépendance comme "révolution sociale" ou comme simple transmission d’un pouvoir colonial dans les mains d’un pouvoir autochtone, a permis de parler du sens des indépendances, pour les métropoles comme pour les colonies, et des intérêts que chacun ont pu y trouver.

A partir de l’étude de la constitution de 1968, les participants ont réfléchi aux rôles des contre-pouvoirs, à la démocratie comme principe universel ou relatif, et au rôle des symboles et du "roman national" dans la construction d’un État.

Enfin, le visionnage du film a été l’occasion de revenir sur l’époque de Macias (1970-1979) et sur son influence dans la Guinée équatoriale actuelle. A ce sujet, on a pu entendre des témoignages variés et divergents sur Macias et des critiques sérieuses du régime actuel sans observer de conséquence dommageable ou de réaction excessive des participants.

Perspectives

Selon Nanay Menemol, universitaire, membre de l’ONG CEIBA et médiateur du séminaire, c’est la première fois, en Guinée équatoriale, qu’un historien s’exprime avec autant de clarté sur cette période de notre Histoire.

La tenue de ce séminaire préfigure un plan d’actions concerté entre l’Institut français de Malabo, l’Association France-Guinée équatoriale, composée de chercheurs du CNRS spécialistes du pays, tels Samuel Denantes ou Valérie De Wulf et l’ONG espagnole CEIBA. Outre la nécessité de faire avancer la recherche sur la Guinée équatoriale, il s’agirait de l’encourager grâce à la publication en français d’articles et d’ouvrages sur le pays. Une convention de partenariat est en cours de négociation avec la maison d’édition L’Harmattan.

Article publié le : 21/12/2011

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