Thibault Cauvin à Beyrouth
C’est dans la grande salle du Musée national du Liban, au milieu de chefs d’œuvres de l’art phénicien et hellénistique que le public invité par l’Institut français du Liban a pu assister à un récital de guitare classique mené d’une main de maître par le jeune Thibault Cauvin.
« Classique et jazz s’enrichissent mutuellement »

- Entre deux morceaux de musique.
A à peine vingt-sept ans, Thibault n’est déjà plus un apprenti mais au contraire l’un des guitaristes les plus talentueux, charismatiques et demandés du moment. Il parcourt le monde, guitare en main, tout au long de l’année et est invité dans les plus prestigieux festivals et théâtres. La guitare classique, pour Thibault Cauvin, c’est davantage « une technique » qu’un esprit. Après avoir reçu une formation de musicien classique tout en ayant un père lui-même guitariste de jazz, il refuse d’opposer les deux styles : « ils sont complémentaires, se répondent et s’enrichissent mutuellement », déclare-t-il, ce qui lui permet de jouer des standards de Duke Ellington avec l’élégance de la technique classique. Thibault revisite l’histoire musicale à travers ce prisme qui lui permet d’adapter des musiques différentes à une même identité sonore. Il a fait de cette grande ouverture musicale sa signature, et passe facilement de compositions classiques à des morceaux écrits spécialement par son père. Il travaille de la même manière avec des contemporains, comme son ami Carlo Domeniconi dont il a joué lundi Koyumbaya, une musique envoûtante inspirée du folklore turc. Une technique qui le porte donc vers de multiples horizons…
Un artiste solo
S’il lui arrive d’être invité par des orchestres et de jouer avec de grandes formations, Thibault entretient un rapport direct au public lors de ses concerts solo. Le solo, « c’est une plus grande responsabilité par rapport aux spectateurs et aussi une plus grande liberté, puisqu’on est son propre chef d’orchestre », admet-il. Qui plus est, avec sa guitare –un peu particulière elle aussi puisqu’équipée d’un système d’amplificateur révolutionnaire inventé par son luthier Jean-Luc Joie, Thibault réussit à produire l’illusion réelle qu’il joue en acoustique. Il recrée, dans les petites salles comme dans les grandes structures, une vraie intimité avec son public, et même les professionnels les plus aguerris peuvent s’y tromper ! Les deux univers dans lesquels Thibault a grandi, celui de la musique des conservatoires et celui des musiques actuelles de son entourage familial ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui : l’ambassadeur du renouveau de la guitare « classique ». A peine arrivé, le voilà déjà reparti : Liban, France bien sûr, mais aussi des tournées en Russie, aux États-Unis, en Chine, en Asie du Sud-est etc. Voyageur infatigable, il porte sa guitare aux quatre coins du monde et dément ainsi le préjugé qui rattache la guitare à des « racines » nationales : « l’instrument renvoie souvent à l’Espagne, au monde méditerranéen et à la latinité en général » par rapport au violon ou au piano, qui sont d’emblée perçus comme des instruments « internationaux ».
Prochain album Cities inspiré des villes du monde

- Memes les statues étaient à l’écoute.
Avec lui, au contraire, la guitare est de tous les pays. Son prochain album, Cities, s’inspirera d’ailleurs des endroits dans lesquels il a joué. Grenade, Buenos Aires, Moscou, Kyoto, Calcutta et Bordeaux : autant de villes qui ont parlé à sa guitare et qui l’ont inspiré. Thibault veut maintenant, à travers des adaptations tirées du répertoire de grands compositeurs, mettre en musique leur image, leur saveur, leurs odeurs… Thibault Cauvin exploite au maximum la beauté de l’instrument avec en prime ce don enflammé du cœur qui irrésistiblement fascine. Avivé par la débordante énergie de sa jeunesse, il a offert au public libanais un répertoire riche, intense et moderne.
Cet événement est organisé en collaboration avec le ministère libanais de la Culture.









