Un modèle novateur de gestion durable des aires protégées au Guatemala

- Philippe Bastelica, ambassadeur de France au Guatemala, et Marco Cerezo, directeur général de la Fondation pour l’Ecodéveloppement et la Conservation (FUNDAECO).
Cette cérémonie s’est déroulée à la Résidence de France, en présence de Michelle Martínez, vice-ministre de l’Environnement du Guatemala, d’Omar Molina, sous-secrétaire exécutif du Conseil national des aires protégées (CONAP), qui assure la maîtrise d’ouvrage du projet, et de Vinicio Cerezo, ex-président de la République du Guatemala et actuel président de la Fondation Esquipulas.
L’ambassadeur a rappelé dans son allocution que ce projet illustre l’intérêt de la France, non seulement pour la protection de l’environnement et de la biodiversité, mais aussi pour la mise en valeur du patrimoine culturel et le développement des communautés locales. Ces trois préoccupations traditionnelles de la France, mises en relation étroite, sont constitutives de la notion de développement durable, axe fondamental de toute politique en matière d’environnement.
Contexte et enjeux
Lors de la Dixième Conférence des parties de la Convention de la Diversité biologique qui s’est tenue à Nagoya en octobre 2010, le Guatemala a été reconnu et inclus dans le groupe des 19 pays "méga-divers" de la planète. Le Système guatémaltèque d’aires protégées, qui couvre 32% de la surface totale du pays sous statut juridique de protection, est le reflet de cet enjeu. Cependant, moins de 25% des aires protégées légalement établies seraient correctement gérés.

- Ce projet illustre l’intérêt de la France pour la mise en valeur du patrimoine culturel et le développement des communautés locales.
Entre 2004 et 2009, grâce à un premier appui du FFEM, FUNDAECO a mis en place dans la région caraïbe du Guatemala un "modèle de gestion des aires protégées" qui intègre les aspects écologiques (suivi et protection de la biodiversité), fonciers, institutionnels et juridiques (mise en place d’instances participatives, instruments de gestion) et économiques (activités génératrices de revenus, exploitation durable des ressources naturelles, écotourisme).
Avec ce nouveau projet, FUNDAECO propose l’extension et l’adaptation de ces mécanismes novateurs à des contextes différents, en répondant à deux enjeux fondamentaux :
la réalisation d’accords négociés plus équitables entre communautés locales, communes et État sur les modes de gestion des espaces et des ressources des aires protégées et sur les compensations économiques aux restrictions d’accès aux ressources ;
la durabilité des initiatives de protection des ressources naturelles et de la biodiversité, un problème d’autant plus crucial que certains financements internationaux ne sont actuellement pas renouvelés.
Objectifs du projet
Le projet a comme finalité de contribuer à la consolidation et à l’extension du SIGAP en renforçant le rôle des communautés locales dans la gestion de ces aires protégées. Son objectif général est de mettre en place et consolider des dispositifs de cogestion des espaces protégés dans 11 sites de 3 régions du pays, puis de capitaliser et diffuser les méthodes et instruments utilisés, afin de contribuer à l’évolution de la politique nationale des aires protégées.
Contenu du programme
La superficie de l’ensemble des 11 sites est de 250 000 hectares, habités par environ 7 000 familles issues de 140 villages. Dans cet espace, le projet vise une meilleure protection et restauration de 140 000 hectares de forêts en incluant la préservation des sites archéologiques mayas dans le Petén, dont l’aire de Naachtun qui constitue le principal projet archéologique français des Amériques.

- Le projet vise une meilleure protection et restauration de 140 000 hectares de forêts en incluant la préservation de sites archéologiques.
Le projet associera des représentants de ces villages, trois municipalités et sept organisations paysannes et locales pour le développement des instances de participation et de gestion de ces espaces protégés afin d’améliorer leur gouvernance locale.
Le budget total estimé est à 3 576 000 € sur 3 ans, dont 42% seront financé par le FFEM. Le cofinancement est assuré par trois institutions publiques guatémaltèques (en charge des aires protégées, des forêts et du tourisme),le fonds de conservation des forêts tropicales du Guatemala, BNP-Paribas dans le cadre d’un projet REDD+ (Programme de financement de la lutte contre la déforestation), l’Union européenne et la Fondation Alstom.








